Étonnant. C'est sans doute la sensation qui nous submerge lors de la visite de « Phosphor : art & fashion 1990-2023 ». Étonnant, car très vite on prend la mesure de l'œuvre protéiforme de Viviane Sassen. Sur trois étages, il nous est donné à voir ce que l'artiste révèle de plus intime ; tout en introspection, on devine les moments qui ont forgé son regard. L'Afrique, où elle a passé une partie de son enfance.
Ce jeu d'ombre et de lumière, entre présence et absence. Et puis vient la couleur, vive, flamboyante, qui se juxtapose au corps, élément essentiel de son travail. Plus loin, la production artistique se transforme, l'artiste expérimente les supports, entremêle la peinture, le collage, l'encre et la photo, et l'on finit par découvrir une Sassen surréaliste. La vie est passée par là. La mort aussi. Mais la sensibilité reste intacte. L'hybridation des techniques continue de nous surprendre. Jusqu'à l'ultime installation : celle qui renoue avec la mode, qu'elle a étudiée avant de devenir photographe. Celle qui a fait d'elle une professionnelle reconnue et sollicitée pour son style si différent de la photographie de mode classique et pour lequel de grandes marques comme Dior, Louis Vuitton, Jacquemus, Dries Van Noten ou encore Adidas font appel à elle. Une installation qui a elle seule mérite une visite.