LIEUX D'INSPIRATION (1/6) : Jean-Baptiste Andrea : « Écoute le silence ! »
Alexis Brocas, Photos Caterina Suzzi
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Jean-Baptiste Andrea sur l’île Sainte-Marguerite, le 19 juin.
© LTD /CATHERINA SUZZI
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Jean-Baptiste Andrea sur l’île Sainte-Marguerite, le 19 juin.
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Il y a les Prix Goncourt qui, jamais redescendus de leur Olympe, semblent toujours avoir au bord des lèvres la fameuse réplique de Duras à une journaliste impréparée (« Vous n'avez pas le niveau »). Et puis il y a Jean-Baptiste Andrea, qui vient vous cueillir en casquette - tee-shirt sous l'horloge de la gare de Cannes, sa ville natale, après quelques textos sans façon. Cela parce que, au bout d'un échange de mails également sans façon, il nous a convié à passer une journée avec lui aux îles de Lérins. « Je t'assure, si je te téléportais là-bas, tu ne saurais pas si tu es en Grèce, au Liban, ou même aux Caraïbes. » Voyons si l'île Sainte-Marguerite tiendra cette promesse.
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En attendant, on découvre vite, en cheminant à ses côtés vers les quais, que l'auteur est à la hauteur de ses livres : accessible, passionné. Rappelons qu'il n'a fallu que quatre romans - quatre marches - à cet ex-réalisateur pour décrocher la timbale littéraire suprême. Son secret : une prose volontiers romanesque mais nuancée, une construction préméditée (« Pour moi, une idée de livre, c'est quand j'ai la fin ») et surtout une ouverture vers l'infini, le rêve ou l'absolu. Rêves d'évasion des orphelins de la pension sordide de Des diables et des saints. Rêve du fossile de dinosaure qui pousse le paléontologue déçu de Cent Millions d'années et un jour à une expédition folle. Et rêve de cette beauté que Mimo, le narrateur de Veiller sur elle, Goncourt écoulé à 700 000 exemplaires, poursuit à coups de burin...
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