Rentrée littéraire : « Il faut aimer bien, pour écrire » (Yasmina Reza)

Anna Cabana
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Yasmine Reza, écrivaine
© LTD / Carole Bellaïche/ Charlottestudio

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Quand Yasmina Reza touche au réel, elle rentre (un peu, juste ce qu'il faut) les griffes de son ironie. Dans son nouveau livre, Récits de certains faits, demeure bien sûr l'acuité vive et sèche, tout de suite à l'essentiel, une orfèvrerie de l'ellipse et de la dérision immédiate. Mais l'écrivaine est comme obligée par le vrai et le vivant. Ici, pour capter des détails de l'humanité, c'est‑à‑dire, encore et toujours, la difficulté pour l'homme d'habiter le monde, elle a choisi de se placer au milieu de ses personnages, pas de surplomb, encore moins de jugement, même quand ce sont des criminels, surtout quand ce sont des criminels. Or il y en a un certain nombre dans cet ouvrage nourri par sa fréquentation des prétoires. S'y trouvent croqués tout à la fois des accusés qui ont défrayé la chronique : Tariq Ramadan, Jonathann Daval, Jean‑Marc Morandini, Nicolas Sarkozy ; et d'autres moins célèbres subtilement « modélisés » par Reza. « Quand j'ai commencé à aller dans des procès, il n'était pas question d'écrire dessus, je pensais pouvoir glaner des éléments à mettre dans de la fiction. Au fur et à mesure, c'est devenu un modèle, comme les modèles dans la vie réelle », nous précise‑t‑elle en soulevant délicatement le bas - seulement le bas - de son masque chirurgical afin de boire quelques gorgées de camomille fumante. Le Covid l'a cueillie à son retour de vacances.
Anna Cabana
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