Un film d'animation qui submerge d'émotion le spectateur, un film inspiré de la légende de Robin des Bois et un documentaire qui retrace la recherche des plus grands éléphants du monde en Angola, découvrez notre sélection cinéma de la semaine du 29 juin 2026.
In Waves (4⭐️/5)
Adapté de la bande dessinée éponyme du surfeur et illustrateur américain AJ Dungo,le film de la réalisatrice vietnamienne Phuong Mai Nguyen. In Waves reste fidèle au récit initial, avec une touche mélodramatique supplémentaire. La cinéaste confirme ainsi tout l’intérêt qu’elle porte à l’univers de la BD, elle qui, en 2020, avait coréalisé la série Culottées tirée de la BD du même nom signée Pénélope Bagieu (Gallimard, 2016).
Sans jamais délaisser l’univers du surf et ses potentialités graphiques et poétiques, entre envolées vertigineuses et effondrements abrupts, In Waves sur grand écran se concentre davantage que la BD sur la rencontre amoureuse entre les deux jeunes protagonistes et sur la bande de copains qui les entoure.
Porté par les voix inspirées et prenantes de Lyna Khoudri et Paul Kircher, ce duo amoureux se révèle d’abord improbable entre d’un côté Kristen, une jeune fille qui vit pleinement sa passion pour le surf avec son frère et quelques amis, et de l’autre AJ qui, lui, ne connaît que le skate et ses sensations aussi urbaines que fortes. Il doit donc littéralement se jeter à l’eau, alors même qu’il se méfie de la mer comme de la peste. Mais rien ne peut résister à un tel coup de foudre amoureux.
La mer d’un côté, le béton de l’autre : c’est la rencontre des contraires qui s’attirent et que le film décrit à travers des scènes idylliques qui se déroulent quand il suffit d’être ensemble pour être heureux. C’est également le temps de séquences aériennes et touchées par la grâce, au rythme de la bande-son concoctée par Rob & Oklou. On songe alors inévitablement à un autre film d’animation d’une qualité exceptionnelle lui aussi, sorti en 2025 sur les écrans : Arcod’Ugo Bienvenu.
L’autre dimension du film repose ensuite sur l’irruption du cancer de Kristen, traitée avec sensibilité et justesse à travers un habillage visuel particulier fondé sur une approche plus colorée et plus sensorielle. Le film tisse ainsi sa toile entre récit d’apprentissage, approche historique et culturelle, roman d’amour, histoire de deuil et de résilience. Le tout dans le contexte d’une pratique sportive magnifiée. On serait tenté de multiplier les métaphores pour exprimer combien cet ensemble subtilement animé prend bien la vague du grand écran et submerge d’émotion son spectateur.
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🎬 In Waves de Phuong Mai Nguyen, avec les voix de Lyna Khoudri et Paul Kirsher. 1h31. Sortie mercredi 1er juillet.
Maudit Robin des Bois (3,5⭐️/5)
An de grâce 1247. Sur une terre anglaise ravagée par la violence, âgé et seul, Robin des Bois survit, écrasé par la culpabilité d’une vie de hors-la-loi. Il n’est plus ni le héros ni le bienfaiteur des pauvres que chante sa légende, seulement un voleur et un assassin, poursuivi sans relâche par les proches et descendants de ceux, en très grand nombre, qu’il a tués.
Gravement blessé, il trouve refuge dans un mystérieux prieuré où il trouvera peut-être à sauver son âme. S’inspirant librement de la ballade La Mort de Robin des Bois, composée au XVIIe siècle, Michael Sarnoski, dans On l’appelait Robin des Bois, déconstruit le mythe avec un geste ultra-violent.
Loin du bondissant et chevaleresque Errol Flynn, ce Robin des Bois a les traits puissants, lourds et marqués de Hugh Jackman, qui s’applique à défaire son héros. Entouré d’un casting royal, Bill Skarsgard en Petit Jean mi-fou mi-repenti et Jodie Comer en prêtresse et pietà, il emmène Robin des Bois jusqu’à la monstruosité avec une grâce remarquable. Mais l’intéressante noirceur du scénario, la beauté froide de la photographie et les performances inspirées du casting finissent, comme le spectateur, en partie assomées par le choix d’une brutalité insoutenable pour cette élégie plus macabre que funèbre. À découvrir avec précaution.
🎬 On l’appelait Robin des Bois de Michael Sarnoski, avec Hugh Jackman, Jodie Comer, Bill Skarsgard, Murray Bartlett et Noah Jupe. 2h02. Sortie mercredi 1er juillet.
Éléphantatisque ! (4⭐️/5)
D’Aguirre, la colère de Dieu à Nosferatu, fantôme de la nuit, Werner Herzog n’a jamais fait dans la demi-mesure. Cette fois, avec son documentaire Ghost Elephants, il se met dans les pas d’un scientifique américain qui recherche rien de moins que les plus grands éléphants du monde sur un mystérieux plateau en Angola.
Informations scientifiques sur l’ADN des éléphants, savoirs ancestraux relatifs à la traque de ces mastodontes et, plus largement, questions existentielles sur la nature humaine, Herzog fait feu de tout bois dans cette quête qui fait inévitablement penser à celle de Moby-Dick, la baleine blanche du roman de Herman Melville.
À plus de 80 ans, le cinéaste allemand nous emmène ainsi dans un nouveau rêve. Chimère ou réalité ? Peu importe évidemment, car il aura une fois de plus prouvé la formidable puissance évocatrice du cinéma, devant lequel nous restons comme des enfants émerveillés.
🎬 Ghost Elephants de Werner Herzog. 1h39. Sortie mercredi 1er juillet
Save the date
Ces quatre prochains jours, la place de cinéma ne coûte que 5 euros pour tous les films à l’affiche. La Fête du cinéma, organisée par la Fédération nationale des cinémas français, débute ce dimanche 28 juin. L’occasion de voir nos recommandations de la semaine mais aussi de s’immerger dans les deux volets de La Bataille de Gaulle ou d’emmener ses enfants pour une pause fraîcheur de 90 minutes devant Des Minions et des monstres, Jumpers ou Toy Story 5.
La Fête du cinéma, partout en France du 28 juin au 1er juillet. 🎟️ Séance à 5 euros. Programmation sur feteducinema.com/films.