Tahar Rahim : « C’est le plus beau tournage de ma vie »
Propos Recueillis Par Eric Mandel
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Pour incarner Aznavour, Tahar Rahim a perdu 20 kilos.
LTD/BOBY
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Pour incarner Aznavour, Tahar Rahim a perdu 20 kilos.
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Silhouette d'ascète, les joues creusées et le regard pétillant, Tahar Rahim affiche une belle forme malgré un régime draconien suivi pour les besoins de son prochain rôle dans le film de Julia Ducournau, Alpha, actuellement en tournage au Havre. « Je peux juste vous confirmer que j'ai perdu 20 kilos et que je partage l'affiche avec Golshifteh Farahani », sourit l'acteur en tirant sur une cigarette roulée, respectant à la lettre le « secret-défense » qui entoure le troisième opus de la réalisatrice de Titane (Palme d'or à Cannes en 2021). Pour le reste, le plus américain des comédiens français se montre particulièrement généreux pour parler de sa performance dans Monsieur Aznavour, du tandem Grand Corps Malade-Mehdi Idir. Une première pour Tahar Rahim, qui ne s'était encore jamais frotté à l'exercice périlleux du biopic musical... Interview.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Quand Grand Corps Malade et Mehdi Idir vous ont proposé d'incarner Charles Aznavour, vous avez d'abord refusé. Vous aviez des doutes tellement le défi était immense ?
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TAHAR RAHIM - Je leur ai dit : « Mais vous êtes des fous ! » J'avais déjà eu vent de leur projet de biopic. Je suis très proche de Jean-Rachid Kallouche, le producteur du film et gendre de Charles Aznavour. Il m'avait déjà sondé pour savoir quel comédien pourrait jouer le grand Charles. Je lui donnais des noms, jamais le mien. Pour moi, c'était tout bonnement impossible. Lui aussi avait des réserves, comme Katia, la fille de Charles Aznavour. Et c'est normal. Je n'ai rien à voir avec lui physiquement, il mesurait 1,64 mètre, moi 1,74 mètre, nous n'avons pas la même ossature... C'est le directeur de casting, David Bertrand, qui a finalement suggéré mon nom. Après la proposition de Fabien [Marsaud, alias Grand Corps Malade] et Mehdi, j'ai pris le temps de réfléchir pendant tout un week-end. J'ai regardé des documentaires sur Aznavour et j'ai finalement rappelé Fabien pour lui dire : « Je crois que je peux le faire. » Le goût du risque a balayé mes craintes. Quant à la dimension physique, il fallait jouer la ressemblance sans tomber dans le masque. Le but n'était pas d'être un sosie; on est au cinéma, pas dans un spectacle. L'idée était que grâce à quelques mini-prothèses et quatre heures de maquillage par jour, on se rencontre au milieu tous les deux : que je sois suffisamment Charles pour qu'on le reconnaisse et suffisamment moi pour qu'on ne m'oublie pas.
Propos Recueillis Par Eric Mandel