Municipales 2020 : A Clermont-Ferrand, qui veut le fauteuil d'Olivier Bianchi ?
Sonia Reyne

Olivier Bianchi sérieusement challengé par Marianne Maximi (credit photo Davy Delfour/Mediacoop)
Sonia Reyne

Olivier Bianchi sérieusement challengé par Marianne Maximi (credit photo Davy Delfour/Mediacoop)
Dès la rentrée, Florent Ménegaux, le président du plus gros employeur privé de la ville, a tenu à clarifier la position de Michelin par rapport aux élections municipales :
Depuis cet été, la rumeur courait qu'un haut cadre Michelin se présentait sous les couleurs de La République En Marche. Un bâton jeté par la majorité présidentielle dans les roues du maire sortant. A 58 ans, Eric Faidy, novice en politique, a travaillé en Italie, en Russie, aux Etats-Unis et en Roumanie.
Adoubé par Emmanuel Macron, il s'annonce comme "le premier maire écologiste de Clermont-Ferrand." Soutenu par l'ancien député européen écologiste Jean-Paul Besset, il ambitionne de "métamorphoser Clermont-Ferrand pour en faire une ville verte et solidaire en repensant l'urbanisme, les déplacements", persuadé que la transition écologique créera des emplois.
Il propose aussi d'augmenter les effectifs de police municipale et ne s'interdit pas de les armer. Il a le soutien des militants du Modem et agace particulièrement Jean-Pierre Brenas.

Eric Faidy et Jean-Pierre Brenas
A 61 ans, ce dentiste exerce en centre-ville depuis 35 ans et n'en est pas à sa première campagne. Il siège au conseil municipal depuis 2001 et au conseil régional dans la majorité de Laurent Wauquiez depuis 2015. En 2014, il a rassemblé 41,34 % des voix au 2e tour, alors, forcément, ce candidat historique de la droite et du centre ne voit pas d'un bon oeil la candidature du candidat LREM. Mais il n'est pas tendre avec la majorité sortante non plus.
A l'image de la rigueur budgétaire affichée par Laurent Wauquiez pour la Région, il s'engage à ne pas augmenter les impôts et à continuer d'investir. Lui aussi souhaite augmenter les effectifs de la police municipale. Il fait également de la santé une thématique centrale de son projet. Sans oublier l'environnement.
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Enfin, dernier grand point, Clermont-Ferrand doit se révéler grâce à la thématique des "mobilités durables."
Dans une liste renouvelée à 54 %, rajeunie, Olivier Bianchi a négocié des postes éligibles EELV mais également PCF et Génération.s. Un arrangement désormais habituel sur la liste de la majorité sortante, puisque sur EELV et le PCF étaient déjà sur la liste lors des élections municipales précédentes.
Un accord qui n'avait pas protégé la majorité sortante en 2014, puisqu'elle avait eu besoin des voix du leader historique de l'extrême gauche à Clermont-Ferrand, Alain Laffont, pour conserver la mairie.
Le bilan d'Olivier Bianchi, tant pour la culture que pour l'enfance et la petite enfance n'est pas mauvais. Il les revendique comme des choix de justice sociale au même titre que sa volonté de ne pas privatiser les énergies : la gestion de l'eau lui semble des choix écologiques fort pour l'avenir.
La ville a considérablement changé de visage même si ses choix d'urbanisme ne font pas toujours l'unanimité.
Si au début de son mandat il pouvait sur-réagir, notamment sur les réseaux sociaux, il essai aujourd'hui de prendre de la hauteur.
Celui qui n'inquiète pas vraiment le maire sortant, c'est Philippe Fasquel, dernier arrivé sur la scène politique. Ce comédien de 53 ans, enseignant, fondateur du groupe local de Greenpeace, représente le collectif Cause Commune, une liste de citoyen déçus de l'offre politique.
Directement issu des luttes sociales et écologiques, le programme fait une large place à la transition écologique et sociale, ainsi qu'au RIC. Le scrutin du premier tour va surtout lui permettre de compter ses effectifs.
Celle qui tient l'élection d'Olivier Bianchi dans sa main, c'est Marianne Maximi. Tête de liste de Clermont-Ferrand en Commun, soutenue par La France insoumise, issue du Front de gauche, elle siège à l'hôtel de ville depuis 2014 et bénéficie d'un capital de sympathie dans les quartiers populaires, chez les écologistes déçus d'EELV et chez les militants de gauche.
Seule femme tête de liste aux municipales à Clermont-Ferrand, jeune et déjà très expérimentée, son bilan critique de la majorité sortante s'appuie sur une excellente connaissance des dossiers. Ce sont ses voix qui feront la différence pour rafler la mairie. D'autant qu'Olivier Bianchi l'assure : "je ne m'associerai pas avec Faidy, son programme est libéral, c'est du giscardisme low coast."
Depuis la libération, Clermont-Ferrand est restée dans le giron de la gauche. Et aimerait bien y rester.
Sonia Reyne