Le président de l'intercommunalité du Sicoval et de l'association des maires d'Occitanie peste contre la logique arithmétique de la loi sur le zéro artificialisation nette (ZAN). En s'appuyant sur une récente étude de l'Insee, Jacques Oberti demande au gouvernement d'accorder un statut spécial à la région Occitanie, région française qui devrait connaître la plus forte croissance démographique d'ici 2070. Les détails.La région Occitanie comptera 6,7 millions d'habitants en 2070, contre 5,8 en 2018, selon les études prospectives de l'Insee. Le territoire gagnerait ainsi 824.000 habitants entre 2018 et 2070. « Elle croîtrait en moyenne de 0,25 % par an, soit le rythme de croissance le plus élevé en France métropolitaine, devant les Pays de la Loire (+ 0,21 %) et devant la Corse (+ 0,18 %) », précise même dans son étude l'institut. Ce dernier ajoute que l'Occitanie serait la « seule région en croissance continue sur les 50 prochaines années ».
Pour certains élus locaux, cette dynamique démographique particulière doit faire de l'Occitanie un cas particulier à l'heure où la loi ZAN (zéro artificialisation nette) est censée régir dès à présent la consommation du foncier sous forme de quotas.
« Cette loi est mal pensée car le national a attribué des quotas de fonciers aux régions sans se préoccuper de leur dynamique. Devons-nous loger à la même enseigne toutes les régions ? Celles qui vont gagner des habitants et celles qui vont en perdre ? Certainement pas. De par sa croissance continue et soutenue, l'Occitanie doit pouvoir bénéficier d'un statut exceptionnel, comme certainement d'autres territoires. Il faut une différenciation territoriale. Bien sûr, nous, maires d'Occitanie, feront des efforts et nous ne sommes pas contre la loi, mais il faut être réaliste », témoigne auprès deLa Tribune,maire d'Ayguesvives (Haute-Garonne), président de l'intercommunalité du Sicoval et président de l'association des maires d'Occitanie.
Un courrier envoyé au gouvernement
En colère, l'élu local et d'autres homologues (dont le président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc et celui du Muretain) ont pris la plume pour s'adresser directement au ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires, Christophe Béchu.
« Nous nous inscrivons bien entendu dans l'atteinte des objectifs de la loi Climat et Résilience (dont fait partie le ZAN, ndlr) pour répondre aux défis du réchauffement climatique, mais les collectivités de la grande agglomération toulousaine souhaitaient vous faire part des difficultés opérationnelles de mise en oeuvre de la réduction de la consommation foncière, au regard de l'attractivité de la grande agglomération toulousaine et de son rôle dans des secteurs économiques d'intérêt national et européen, voir mondial », écrivent notamment ses co-auteurs.
Bien que le courrier s'attarde sur la grande agglomération toulousaine, Jacques Oberti souhaite que les collectivités d'Occitanie affichent une certaine unité sur ce sujet et n'opèrent pas de distinction entre territoires urbains et
ruraux. Néanmoins, selon l'étude de l'Insee, ce sont bien les départements de la Haute-Garonne (+376.000 habitants d'ici 2070) et de l'Hérault (+320.000) qui vont principalement devoir faire face à la hausse démographique (85% de la croissance attendue). «
Cette étude est d'ailleurs le fondement de notre démarche », ne cache pas Jacques Oberti.