Déjà adoptée par le Sénat, la loi visant à faciliter la mise en œuvre des objectifs de « zéro artificialisation nette » au cœur des territoires arrive cette semaine à l'Assemblée nationale. Rapporteur pour la commission des Affaires économiques, le député (Renaissance) des Deux-Sèvres, Bastien Marchive, dévoile à La Tribune ses pistes de travail pour aboutir à un texte transpartisan et répond au ministre Bruno Le Maire sur l'industrie verte.C'est un sujet qui déchire la classe politique depuis les dernières élections législatives : la ZAN pour « zéro artificialisation nette » des sols. Toutes les opérations qui consistent à « transformer un sol naturel, agricole ou forestier par des opérations d'aménagement pouvant entraîner une imperméabilisation partielle ou totale afin de les affecter notamment à des fonctions urbaines ou de transport » font en effet l'objet d'une réglementation stricte depuis la promulgation de la loi « Climat et Résilience » en août 2021.
Tous les élus locaux et nationaux reconnaissent que la conquête des terres agricoles constitue l'une des « causes premières du changement climatique et de l'érosion de la biodiversité » et acceptent que d'ici à fin 2031, la consommation totale des espaces à l'échelle nationale ait diminué de moitié avant d'atteindre zéro artificialisation nette des sols (ZAN) en 2050. Mais sur le chemin pour y parvenir, les parlementaires se divisent.
Acte I : pressé par les maires, le Sénat interpelle le gouvernement
Dès le 22 juin 2022, l'Association des maires de France (AMF) a saisi le Conseil d'Etat sur deux décrets d'application de la loi « Climat et Résilience » publiés le 29 avril. Elle reproche au gouvernement de donner « un coup de frein aux dynamiques locales », jugeant que ces deux décrets ont été publiés « dans la précipitation » et « dans une approche de recentralisation rigide ».
Des éléments de langage repris le 13 juillet suivant au Sénat par Françoise Gatel, présidente (UDI) de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation. Lors de la séance de questions au gouvernement, elle dénonce des décrets d'application « quasi kafkaïens », « qui déforment l'esprit de la loi » et [qui] « nous conduisent collectivement dans une impasse ».