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PME ISF : François Fillon remet de l'ordre dans la filière photovoltaïque

Rémi Janin

Publié le 22 février 2011 à 21:43 - Mis à jour le 22 février 2011 à 21:58

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Le Premier ministre à indiqué mardi devant le Conseil économique, social et environnemental les nouvelles conditions d'émergence de la filière solaire hexagonale.

Le tour de vis est sévère. Le Premier ministre a levé mardi le voile sur sa politique en faveur de l'énergie photovoltaïque. François Fillon a indiqué, lors d'un discours devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese), le cadre au sein duquel devront travailler à compter du 9 mars, les industriels de la filière. Afin « de favoriser l'émergence d'une filière industrielle innovante, à forte valeur ajoutée, une filière respectueuse des exigences environnementales, une filière compétitive sur les marchés à l'export », le gouvernement a tranché pour un quota d'installations nouvelles dont « le rythme de croisière » annuel sera de 500 mégawatts (MW).

Un chiffre bien en deçà de ce que réclamait la majorité des industriels qui, lors de la phase de concertation qui s'est tenue avec le gouvernement tout au long des mois de janvier et début février, ont estimé qu'un quota inférieur à 800 MW ne permettrait pas de bâtir une filière économiquement durable. « Cela sera largement insuffisant pour bâtir une filière pérenne. Je continue de craindre pour la pérennité de nos emplois », a protesté le PDG de la société héraultaise Urbasolar et, par ailleurs, président de Soler, la branche photovoltaïque du syndicat des énergies renouvelables (SER), Arnaud Mine.

Pour David Guinard, de l'entreprise Photosol, « il est impossible avec ce quota de développer une filière solaire digne de ce nom ». Et le porte-parole de l'Association des producteurs de l'électricité solaire indépendants (Apesi) de protester contre les reniements du gouvernement. Le président Sarkozy s'était engagé en juin 2009, lors d'une visite de l'Institut national de l'énergie solaire (Ines) à ce que « chaque euro dépensé pour le nucléaire corresponde à un euro pour les énergies renouvelables », rappelle-t-il. « Quand on voit les millions consacrés au nucléaire, on peut s'interroger sur le respect de cet engagement », s'emporte-t-il. Le gouvernement n'entend pas les choses de la même oreille. « Avec une progression entre 2011 et 2012 d'environ 2.000 MW (provenant des projets non gelés par le gouvernement, NDLR) », auxquels s'ajoutent les 500 MW de quota annuel, « nous nous engageons aujourd'hui sur des volumes de marché très suffisants pour assurer une démarche de filière », s'est défendu François Fillon.

Précampagne

En revanche, le Premier ministre a annoncé une baisse de 20 % des futurs tarifs de rachat pour les particuliers. Mais il a indiqué que pour les centrales au sol et les installations solaires sur les grandes toitures (centres commerciaux, usines, hangars agricoles...) le principe des tarifs de rachat obligatoires par EDF était abandonné. Ces projets seront dorénavant soumis à la procédure de l'appel d'offres, chaque opérateur devant lui-même proposer dans son projet, le montant auquel il revendra son électricité au réseau. Les tarifs de rachat restent néanmoins en vigueur pour les panneaux solaires installés sur les toits des particuliers et pour les petites surfaces commerciales ou industrielles.

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Certes les industriels expriment globalement une certaine déception. Le Premier ministre leur a néanmoins rappelé implicitement que leur électricité n'était pas encore compétitive par rapport au prix du réseau. Soucieux d'éviter aux consommateurs d'électricité une augmentation trop forte de leurs factures par le biais d'une explosion de la contribution au service public de l'électricité (Cspe) cette taxe qui finance les énergies renouvelables, François Fillon a rappelé que « la part financière prise par la collectivité (était) considérable ». Il a chiffré l'effort des ménages et des entreprises consommateurs entre 1,5 milliard et 2 milliards d'euros. Ce faisant le chef du gouvernement a également implicitement indiqué que les choix du gouvernement en cette période de précampagne électorale, privilégiaient d'abord les consommateurs d'électricité aux industriels du photovoltaïque. Ce qui, d'un point de vue politique, s'explique facilement.

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