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Rejet en l'état de la demande d'extradition de Compaoré

reuters.com  |   |  363  mots

PARIS (Reuters) - La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris a rejeté en l'état mercredi une demande d'extradition de François Compaoré, frère de l'ancien président burkinabé déchu Blaise Compaoré, mis en cause par la justice de son pays pour l'assassinat d'un journaliste, a-t-on appris auprès de ses avocats.

Arrêté le 29 octobre à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par le Burkina Faso, il a été laissé libre mais avec interdiction de quitter le territoire français, en attendant l'examen de la demande d'extradition de son pays.

Les autorités burkinabé actuelles l'accusent d'avoir été l'instigateur de l'assassinat en décembre 1998 du journaliste Norbert Zongo, très critique à l'encontre du pouvoir de l'époque dans son pays. Trois autres personnes avaient été tuées en même temps que ce journaliste.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a refusé de statuer sur la demande d'extradiction en l'état et a demandé aux autorités du Burkinabé des éléments matériels précis qui seraient de nature à impliquer directement leur client, ont dit ses avocats dans un communiqué.

Mes Pierre-Olivier Sur et Mathias Chichportich font valoir que François Compaoré risque la peine de mort alors qu'il a déjà été entendu par une commission d'enquête internationale indépendante et la justice burkinabé "sans qu'il y ait aujourd'hui le moindre élément nouveau à son encontre".

Ils estiment que les vraies raisons" de la demande d'extradition "sont politiques" et s'élèvent contre une prise de position du président Emmanuel Macron lors de son voyage officiel au Burkina Faso en novembre dernier.

Le chef de l'Etat français avait alors déclaré qu'il ferait "tout pour faciliter" son extradition.

Blaise Compaoré, renversé en octobre 2014 après 27 ans de règne, est pour sa part réfugié en Côte d'Ivoire.

Ce pays refuse son extradition, alors qu'il est l'objet d'un mandat d'arrêt international dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du président Thomas Sankara, lors du coup d'Etat qui l'a porté au pouvoir, en 1987.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)