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France: Plus de 107.000 personnes manifestent pour des hausses de salaire

reuters.com

Publié le 18 octobre 2022 à 04:42 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 21:00

Des membres du syndicat cgt pendant une manifestation a nice

2023 promet d'être une année tendue socialement à cause de l'inflation

ERIC GAILLARD

Le Quotidien Numérique

06 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Des milliers de personnes ont manifesté mardi à l'appel de la CGT, Force ouvrière, Solidaires et d'autres syndicats pour réclamer des hausses de salaire, entraînant des perturbations dans les transports, l'éducation nationale, et dans le secteur de l'énergie, alors que le conflit perdure dans les dépôts et raffineries.

Les syndicats entendaient également défendre le droit de grève, en réponse aux réquisitions ordonnées par le gouvernement dans les dépôts et raffineries, et ils dénonçaient la réforme de l'assurance chômage, pour laquelle les concertations ont débuté lundi, ainsi que celle des retraites.

Près de 107.000 personnes ont manifesté en France, dont 13.000 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur, soit un peu moins que le 29 septembre, dernière journée de mobilisation interprofessionnelle. Les organisations syndicales évoquent plutôt la présence de 300.000 manifestants sur le territoire dont 70.000 à Paris.

Quelques violences ont éclaté en marge de la manifestation parisienne, causant des dégradations matérielles, envers une banque, notamment, selon la préfecture de police de Paris qui avait procédé en fin de journée à 11 interpellations.

Près de 200 individus radicalisés ont été recensés. La police a fait usage de gaz lacrymogène et a chargé certains manifestants, selon un journaliste de Reuters sur place.

Présent au départ de la manifestation, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a demandé au gouvernement de "passer des paroles aux actes" en augmentant le Smic et en indexant les salaires sur le coût de la vie.

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"C'est plus qu'urgent pour, évidemment, que tous les salariés soient concernés par ces augmentations de salaires", a-t-il expliqué à la presse, sans exclure des "suites" au mouvement de mardi.

"Ce sont les assemblées générales d'aujourd'hui qui vont décider aussi de la suite du mouvement", a-t-il dit. "Nous, on a dit qu'il fallait que ce soit un mouvement qui s'inscrive dans le temps."

JOURNÉE "RÉUSSIE", DISENT LES SYNDICATS

Le mouvement a notamment été reconduit chez EDF, où les organisations syndicales commencent cette semaine les négociations salariales avec la direction, ainsi qu'à la SNCF sur certains sites parisiens notamment, selon Sud Rail.

"On peut dire que cette journée est réussie, d'abord parce qu'elle s'est montée très rapidement, ensuite par la diversité des secteurs représentés. On sent que la question des salaires est centrale et elle va le rester tant que ça ne bougera pas", a dit à Reuters la co-déléguée de Solidaires, Murielle Guilbert.

L'idée d'une grève générale n'est cependant pas à l'ordre du jour, la mobilisation étant encore mitigée dans certains secteurs, comme la fonction publique, selon la syndicaliste qui évoque les difficultés pour les salariés à faire grève et perdre une journée de salaire.

Pas d'appel non plus à une mobilisation plus large du côté de Force ouvrière. Pour son secrétaire général, Frédéric Souillot, la grève générale, "ça ne se décrète pas". "Ce sont les salariés, là où ils sont, qui décident s'ils se mettent en grève et s'ils la reconduisent ou pas", dit-il.

À la SNCF, où la CGT Cheminots et Sud-Rail sont les fers de lance de la mobilisation, le mouvement a affecté surtout les réseaux TER, dont le trafic était "très fortement" touché dans les Hauts-de-France, et dans une moindre mesure les TGV Inoui et Ouigo ainsi que les lignes Eurostar.

En région parisienne, la RATP a fait état d'un trafic "normal ou quasi normal" dans le métro mais de perturbations sur les RER A et B, avec trois trains sur quatre en moyenne, ainsi que sur le réseau de bus dont certaines lignes étaient "très perturbées".

Dans l'Education nationale, le mouvement a été globalement moins suivi que lors de la journée d'action du 29 septembre, avec un peu moins de 10% de grévistes à l'échelle nationale selon les chiffres publiés à la mi-journée par le ministère.

UNE PROLONGATION DU MOUVEMENT PAS EXCLUE

Mais le taux de grévistes a approché 23% dans les lycées professionnels, où les enseignants dénoncent une réforme des études voulue par Emmanuel Macron qui prévoit selon eux de doubler le temps passé en stage en entreprise au détriment du temps passé sur les bancs de l'école pour préparer le baccalauréat.

Syndicats et grévistes ont dénoncé l'insuffisance des hausses de traitements et de salaires annoncées ces derniers mois, de 3,5% dans l'Education comme à la RATP alors que l'inflation en France atteignait 5,6% sur un an en septembre.

"C'est ridicule, surtout quand on sait que nos salaires ont été gelés pendant 10 ans", a déclaré à Reuters Patrick Sivadier, agent de la RATP, dans la manifestation parisienne. "Il fallait au moins l'inflation et un rattrapage des dix dernières années."

L'UFSE-CGT, premier syndicat dans la fonction publique, a déposé un préavis qui "s'étend jusqu'à la fin du mois".

Du côté des partis de gauche, qui soutiennent le mouvement, Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise, LFI) a évoqué mardi dans une déclaration à la presse "un bras de fer avec le pouvoir, une espèce de Mai-68 perlé".

Il a aussi fait référence à la possibilité de former un "front populaire", comme il l'avait fait dimanche à Paris lors d'une manifestation organisée par l'opposition de gauche.

Dans le camp gouvernemental, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a reconnu qu'il y avait "un problème de salaires" en France, estimant qu'"une partie du patronat" devait augmenter les salaires "quand c'est possible".

(Rédigé par Sophie Louet et Marc Angrand avec la contribution de Caroline Pailliez et Elizabeth Pineau, édité par Bertrand Boucey, Kate Entringer et Tangi Salaün)

reuters.com

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