"On ne pourra pas nourrir 9 milliards d'êtres humains sans recourir massivement aux pesticides et aux OGM"

 |   |  564  mots
Reuters
Reuters (Crédits : Reuters)
D'autres pistes existent, qui impliquent de modifier notre alimentation de façon significative.

Une friandise au criquet ? Pas sûr que ça séduise grand monde dans nos contrées. C'est pourtant l'une des pistes sérieusement envisagée par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) pour résoudre le défi démographique qui s'annonce. Pour nourrir les 9 milliards d'êtres humains attendus sur Terre en 2050, la production agricole (qui risque aussi d'être en concurrence avec la fabrication d'agrocarburants) devra croître d'au moins 70 %. La plupart des nouveaux Terriens vivront dans des pays en développement de plus en plus urbains et consommateurs de viande. Et le problème sera encore aggravé par le changement climatique : dans certaines régions, une hausse de température de + 1 °C peut entraîner une baisse du rendement de 10 %. Le recul des glaciers abaisse le niveau des grands fleuves asiatiques, des inondations de plus en plus fréquentes dévastent les cultures (au Bangladesh et au Vietnam par exemple).

Dans l'étude Agrimonde, l'Institut national de recherche agronomique (INRA) et le centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) établissent des pistes pour nourrir ces 9 milliards de personnes sans mettre en danger l'équilibre environnemental de la planète.
Aujourd'hui, quelque 15 milliards d'hectares, soit 10 % des terres émergées, sont cultivés. En théorie, environ 2,7 milliards d'hectares supplémentaires pourraient l'être aussi. Situées essentiellement en Afrique subsaharienne et en Amérique latine, ces terres présentent une topographie compliquée, une faible fertilité, manquent d'eau et soulèvent des problèmes liés au droit foncier. La principale piste consiste donc à améliorer la productivité des zones déjà cultivées et à réduire l'écart important qui existe aujourd'hui entre régions. Les initiatives foisonnent. En Colombie, la collaboration entre agriculteurs et scientifiques (entamée il y a quarante ans) a permis de fertiliser une immense plaine de 6 millions d'hectares autour de Puerto Lopez, qui pourra bientôt assurer la sécurité alimentaire du pays, l'autosuffisance de son secteur agro-industriel et la production d'agrocarburants. L'introduction de nouvelles variétés de plantes fourragères a aussi permis d'augmenter le nombre de têtes de bétail par hectare et la qualité des sols.

De leur côté, les semenciers spécialisés dans les OGM rivalisent d'inventivité pour élaborer des espèces adaptées aux conditions climatiques extrêmes. D'autres pistes plus respectueuses de l'environnement sont aussi à l'étude. En Inde, la SRI (System of Rice Intensification) accroît le rendement des rizières de 30 à 80 % tout en économisant 40 % d'eau et en utilisant moins de semences.
Mais réduire la pression sur l'agriculture nécessiterait surtout de diminuer la quantité de calories ingurgitées dans les pays du Nord, qui pourrait être ramenée de 4 000 à 3 000 ; certaines viandes comme le poulet mais aussi la chèvre (bien adaptée à la désertification) seraient privilégiées, ainsi que de nouvelles sources de protéines comme... les insectes. Présents sur toute la planète, chenilles, criquets et autres chrysalides de vers à soie sont adaptés à un élevage industriel et se reproduisent rapidement.
Une dernière piste permettrait de continuer de manger de la viande sans antibiotiques ni pâturages, sans polluer les nappes phréatiques ni abattre les animaux : la viande fabriquée en éprouvette à partir d'un échantillon de tissu musculaire... au prix de 4 millions de dollars le kilo aujourd'hui !

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 15/12/2011 à 15:43 :
Il est urgent de mettre en place une régulation des naissances au niveau mondial. Et c'est possible si les politiques abandonnent leur volonté de puissance et leur soumission au business, en incitant les gens à faire des enfants. Les pesticides modifient le génome des humains et des animaux et poursuivre l'utilisation des pesticides est suicidaire. Pour les OGM's, l'expérience faite dans plusieurs pays a montré les limites de ces pratiques avec l'apparition de résistances au roundup qui est un produit dangereux ainsi que la ruine de paysans qui ont crû aux OGM peu gourmands en eau. En conclusion : ce sont les politiques qui sont doublement responsables des problèmes actuels par leur imprévoyance et leur politiques natalistes irresponsables.
a écrit le 10/10/2011 à 19:33 :
fort bien, mais pourquoi refuse-t-on l'idée la plus évidente : mettre en place des programmes d'incitation à la limitation des naissances ? Il est tout de même aberrant qu'il existe encore dans certains pays, dont la France, des incitations fiscales à avoir un maximum d'enfants !
Réponse de le 29/11/2011 à 17:29 :
Le bon sens devient une chose rare, peut-être déjà l'effet des pesticides ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :