Bon sens et fiscalité immobilière
Thierry Bisaga
Thierry Bisaga
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Le texte du 25 août dernier a généré de nombreuses mises en vente de propriétaires qui souhaitent que l'acte définitif soit signé chez le notaire avant le 31 janvier prochain afin de bénéficier des anciennes mesures fiscales. La situation est préoccupante pour les professionnels du secteur : « dans ce contexte très passionnel, Il faut savoir raison garder et se souvenir que la fiscalité n'est pas - toujours - bonne conseillère», note Jean-Louis Sadone, co-fondateur de l'Agence Sadone Immobilier et Patrimoine à Neuilly, qui rappelle que la vente d'un bien détenu depuis plus de 15 ans implique aujourd'hui une exonération totale alors qu'à compter du 1er février prochain, le vendeur est taxé à hauteur de 80% de sa plus-value.
Dès lors, les choses se précipitent : «au mois de septembre, nous avons constaté chez nos clients une hausse de 10% des décisions de vente d'appartements occupés, certains nous demandent même de vendre leur bien sur une base de prix vide alors qu'il est encore occupé par un locataire, ce qui est parfaitement irréalisable », poursuit l'agent immobilier, qui précise que certains vendeurs souhaitent même voir insérer une clause dans les mandats de vente prévoyant une réalisation d'ici le 31 janvier, faute de quoi il renonceront à leur projet.
Quel sera le gain net de l'opération ?
Le rôle de l'intermédiaire est de rappeler à ses clients quelques règles de bon sens et notamment d'expliquer à un propriétaire que l'objectif à viser est le gain net de l'opération, non l'exonération de taxe. Mieux vaut donc éviter de vendre dans un marché tendu. Dans tous les cas de figure, il faut absolument bannir toute action précipitée et ne vendre que si cela est réellement nécessaire.
Une influence aussi sur les acquéreurs
Jean-Louis Sadone note également un phénomène nouveau observé chez un petit nombre d'acquéreurs. Persuadés que les prix vont baisser, certains d'entre eux diffèrent leur projet, au risque, explique-t-il, « de laisser passer de véritables opportunités ». Il précise : « L'immobilier est un domaine sensible, dans lequel l'affect a toujours tenu une part importante. En qualité de professionnels de l'immobilier, notre devoir de conseil consiste à dédramatiser le débat, amener nos clients à se poser rationnellement les bonnes questions et leur proposer les solutions adaptées ».
Thierry Bisaga