Bahreïn : la tension s'aggrave dans le Golfe

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Soutenu par l'Arabie Saoudite, le petit État pétrolier réprime les manifestations de la population chiite, qui réclame des réformes et de la démocratie.

Les « révolutions du jasmin » au Bahreïn et en Libye sont en train de perdre du terrain face au recours à la force (lire encadré). À Manama, la capitale du petit royaume pétrolifère, les manifestants ont été chassés mercredi de la place de la Perle, ce lieu symbole que les protestataires occupaient depuis un mois pour exiger des réformes constitutionnelles face à la dynastie sunnite des Al-Khalifa qui détient le pouvoir depuis deux cents ans. Outre l'état d'urgence, le gouvernement a imposé un couvre-feu. Le bilan en milieu de journée mardi s'élevait à trois manifestants et deux policiers tués. Le ministre de la Santé, chiite comme l'est à 70 % le 1,2 million d'habitants, a démissionné pour protester contre le recours à la violence.

« Acte hideux »

La communauté chiite à travers le Proche-Orient dénonce également les méthodes du gouvernement, qui a reçu le renfort de plus de 1.000 soldats venant de l'Arabie Saoudite et des Émirats Arabes Unis. Outre le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, qui a qualifié l'intervention d' « acte hideux voué à l'échec », et désigné les États-Unis comme soutien, les grands dignitaires chiites en Irak, en Iran, et en Arabie Saoudite ont dénoncé l'opération. Le gouvernement sunnite est soupçonné de faciliter ces dernières années des naturalisations de ressortissants jordaniens, pakistanais et yéménites sunnites pour rééquilibrer le poids des deux communautés. Elles intègrent les forces de sécurité, et sont reconnaissables par la population au fait qu'ils ne parlent pas le dialecte du pays.

De son côté, le Premier ministre britannique David Cameron exhorte le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa à favoriser le « dialogue » et à répondre aux revendications en faveur de la démocratie « par des réformes et non par la répression ». Même si elle se diversifie dans l'industrie (aluminium), le BTP et les services, en particulier financiers, Bahrein reste dépendante de ses ventes de pétrole, qui représentent 60 % de ses recettes d'exportation, 70 % des revenus qui alimente le budget de l'Etat, et plus de 10 % de son PIB.

Le pétrole représente 60 % des exportations.

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