La crise à Bahreïn se transforme en théâtre d'affrontement entre l'Arabie Saoudite et l'Iran

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Téhéran proteste contre l'arrivée de 1.000 soldats saoudiens venus soutenir les autorités sunnites face à une majorité chiite qui veut de profondes réformes.

La situation dans le royaume de Bahreïn a pris une tournure internationale, sur fond de rivalité entre l'Arabie Saoudite et l'Iran qui se disputent le leadership dans la région. Téhéran a jugé « innaceptable » l'arrivée lundi dans le pays d'un contingent de 1.000 soldats saoudiens. Des forces émiraties devraient les rejoindre, à la demande du gouvernement du Bahreïn. L'opération a été lancée après décision du Conseil de coopération du Golfe (CCG), au sein duquel on retrouve également le Qatar, Oman et le Koweit.

L'Iran a officiellement protesté en convoquant l'ambassadeur saoudien, l'ambassadeur suisse, qui représente les intérêts américains en Iran, et le chargé d'affaire bahreini, selon le site de la télévision d'État. Le régime des mollahs a dénoncé « le soutien des États-Unis à l'intervention militaire ». Bahreïn abrite une base navale où mouille la Ve flotte américaine,

Alors que l'état d'urgence a été proclamé, un manifestant et un policier ont été tués à la suite des incidents qui sont intervenus au cours de la manifestation qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes devant l'ambassade d'Arabie Saoudite. Depuis plusieurs semaines, la communauté chiite, qui représente 70 % d'une population de 1,2 million d'habitants, exige des réformes constitutionnelles et un changement de régime, avec en fond une protestation qui a pris un tour communautaire. Le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa, dont la dynastie règne depuis deux cents ans est en effet d'obédience sunnite. Le Premier ministre, qui n'est autre que l'oncle du roi, est en place depuis quarante ans.

« Plan Marshall »

Riyad est préoccupée par le risque d'une domination chiite du pays, et son passage sous influence iranienne (l'Iran étant en majorité chiite). Les monarchies du Golfe ont débloqué quelque 20 milliards de dollars pour faire un « plan Marshall » à Bahreïn et Oman pour calmer les manifestants, sans succès. L'agence de notation Fitch a quand même abaissé mardi la note du Bahreïn. L'Arabie Saoudite s'inquiète d'un risque de contagion qui ferait chuter une à une les monarchies de la région. Riyad doit faire face sur son propre territoire aux revendications de sa minorité chiite. Surtout, comme dans l'ensemble de la région, 60 % environ de sa population (18 millions d'habitants) a moins de trente ans. Selon la banque Saudi Fransi, le chômage chez ses jeunes atteindrait près de 40 %. Un fléau qui alimente aussi les revendications.

 

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