Médecine libérale : les raisons de la colère
Amandine Ascensio
Amandine Ascensio
Ils ne sont pas contents. Pas du tout. La loi santé, qui sera discutée au Parlement au printemps 2015 et qui tient pour grands axes la prévention, la généralisation du tiers-payant, un service public d'information en santé, avec un portail web unique, et la possibilité d'actions de groupes dans le domaine de la santé, ne plait pas aux professions libérales de médecine, au point de déclencher une grève illimitée des praticiens et une fermeture des cliniques.
Une vidéo présentant les 5 axes de la loi Santé :
Réunis en conférence à Montpellier, le 18 décembre, leurs représentants syndicaux régionaux (Médecins généralistes de France, la Fédération des médecins de France, la Confédération des syndicats médicaux français, la Confédération des président des Commissions Médicales d'établissement de l'hospitalisation privée, le Syndicat des médecins libéraux, Le Bloc (syndicat de chirurgiens libéraux), la Fédération de l'hospitalisation privée, l'Union régionale des professionnels de santé,...) fustigent la politique gouvernementale en matière de santé.
Parmi les principales doléances, un « monopole institutionnalisé de l'hôpital public », notamment l'accès au label « Service public hospitalier », donné de facto aux établissements publics, aux établissements privés non lucratifs mais pas aux établissements privés à but lucratif.
Par ailleurs, l'intention de structurer l'offre sur le territoire via les groupements hospitaliers de santé, sans inclure autrement qu'en tant que « partenaires » les cliniques privées, est aussi, selon les médecins libéraux, le désir d'exclure la médecine privée du système de santé. Les syndicats blâment également la loi pour le pouvoir trop coercitif qu'elle donnerait aux agences régionales de santé (ARS), notamment en matière d'installation de nouveaux médecins libéraux et d'autorisation d'activité. Enfin, l'alourdissement des tâches administratives généré par la mise en œuvre du tiers-payant généralisé vient renforcer la colère des médecins.
En Languedoc-Roussillon, l'hospitalisation privée représente 80 cliniques, 10 000 salariés, un peu plus de la moitié des séjours en chirurgie, en cardiologie interventionnelle, en chirurgie du cancer. Côté maternité, 49 % des accouchements sont réalisés en clinique.
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Et de s'indigner sur l'inégalité de dotation entre les établissements privés et publics pour une même mission. Oubliant au passage que le différentiel des sommes allouées est essentiellement dû au différentiel de bénéfices entre des établissements à but lucratif et non lucratif.
Si la ministre s'est dite consciente que "la loi sur la santé nécessite des adaptations", les libéraux indiquent qu'ils veulent une totale réécriture du projet, et à défaut, son retrait pur et simple.
En effet, les médecins libéraux et présidents de CME se mobilisent du 24 au 31 décembre 2015, une grève qui sera suivie d'un arrêt illimité de l'activité des établissements de santé privés à compter du 5 janvier 2015.
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À ce jour, les services de l'Etat, contactés par la rédaction, n'avaient pas encore connaissance du nombre de réquisitions opérées. Réquisitions sur lesquelles, sans s'en réjouir, la médecine libérale et privée compte bien, afin de prouver son utilité.
Amandine Ascensio