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Andorre a lancé les premiers euros affichant ses propres symboles

Photo de Cécile Chaigneau

objectif-languedoc-roussillon.fr

Publié le 15 janvier 2015 à 17:43 - Mis à jour le 16 janvier 2015 à 07:27

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La coprincipauté pyrénéenne a mis sur le marché le 15 janvier quelques 2,5 millions de pièces de 10, 20 et 50 centimes d'euros. Pour la première fois ces pièces portent les symboles d'Andorre. La fin d'un long processus, mais elles devraient être rapidement introuvables.

Ce 15 janvier est un grand jour pour un petit pays. Pour la première fois de son histoire, la principauté d'Andorre disposera de pièces de monnaie affichant ses propres symboles. Ce jeudi, en effet, les premières pièces de 10, 20 et 50 centimes portant au revers une représentation du campanile de l'église du XIe siècle de Santa Coloma, ont été mises en circulation.
Elles auront cours légal dans toute la zone euro. Les autres pièces suivront : celles de 1, 2 et 5 centimes porteront l'image d'un isard, celles de 1 euro, l'image de la Maison des vallées, le siège du parlement andorran, et enfin, celles de 2 euros porteront l'écu de la principauté qui orne également le drapeau de ce petit pays coincé entre la France et la Catalogne espagnole.

Andorre exclue du club des micro-pays à euros

Cette émission est l'épilogue d'une longue histoire. Avant 2002, la principauté (dont, rappelons-le, les deux chefs de l'État sont celui de la France et l'évêque de la Seu de Urgell mais qui est indépendante et dispose d'une constitution depuis 1992) utilisait conjointement les monnaies françaises et espagnoles, avec une préférence pratique pour la peseta.

En 2002, avec l'introduction en France et en Espagne de l'euro fiduciaire, la monnaie andorrane est devenue de facto l'euro. Mais, légalement, Andorre n'avait pas bénéficié des mêmes dispositions que d'autres petits États européens enclavés dans la zone euro : Monaco, Saint-Marin et le Vatican. Ces trois États avaient en effet obtenu le droit de frapper leurs propres euros dans des proportions limitées, sans pour autant faire partie réellement de la zone euro, c'est-à-dire de disposer d'un représentant au Conseil des gouverneurs de la BCE.

La question fiscale bloque tout

L'UE n'avait cependant pas accordé ce droit à Andorre. Elle le conditionnait à un accord afin de réduire le caractère de paradis fiscal de la principauté. Les négociations ont été fort longues et n'ont abouti définitivement qu'en 2011. Andorre a accepté d'introduire un impôt sur le revenu et une TVA (à 4,5 %) et de coopérer dans le domaine fiscal avec l'UE.

En janvier 2013, la TVA a été mise en place dans la principauté. En juin de la même année, ce fut au tour de l'impôt sur le revenu. En échange, l'UE a autorisé, en avril 2012, Andorre à émettre ses premiers euros dès le 1er juillet 2013. Mais l'affaire a pris du retard.

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Retards depuis 2012

D'abord, le choix des motifs a été contesté par Bruxelles. Andorre voulait placer au revers de ses pièces de 20 centimes l'image du Christ Pantocrator d'une fresque de l'église de San Marti de la Cortinada. L'UE a jugé qu'il s'agissait là d'une image trop "marquée" religieusement et il a fallu revoir les motifs. Finalement, les dessins n'ont été validés qu'en décembre 2013.
Ensuite, le gouvernement andorran a dû définir le partage de la fabrication de ses pièces entre l'Espagne et la France.

En juillet 2014, la monnaie de Paris indiquait que les pièces étaient prêtes. Mais il fallait ensuite les introduire sans que les pièces ne soient immédiatement retenues par les collectionneurs qui ne vont pas manquer, comme dans les cas monégasques, saint-marinais et du Vatican, de ponctionner une grande partie de la production pour créer un marché parallèle de la pièce andorrane. Finalement, après plusieurs tentatives, c'est ce 15 janvier que les pièces sont lancées en circulation.

Peu de chance de voir des euros andorrans

Andorre a le droit de frapper un million de pièces de 10 centimes et de 20 centimes, et 500 000 pièces de 50 centimes. En tout, la production andorrane représentera 2,4 millions d'euros. Autant dire que vous ne risquez pas de voir beaucoup d'euros andorrans puisque la masse monétaire des pièces en circulation dans la zone euro est de 24,71 milliards d'euros (Andorre représentera donc 0,0097 % de la masse monétaire en pièces de la zone euro). Les 2,5 millions de pièces émises ce jour par la principauté seront inclus dans un total de 28,5 milliards de pièces en circulation de la même valeur. Vous aurez, par exemple, une chance sur 13 700 de rencontrer un jour une pièce de 10 centimes andorrane. En fait, compte tenu de la forte captation des collectionneurs, on peut diviser par deux ou trois cette probabilité...

Crise et identité

Reste que pour la principauté, seul pays dont la langue officielle unique est le catalan, cette émission monétaire est une nouvelle manière d'affirmer son indépendance et son identité après la constitution de 1992. Économiquement, cependant, le pays reste étroitement lié à la France et, surtout à l'Espagne. Centre commercial géant à ciel ouvert, réputé aussi pour ses stations de sport d'hiver, Andorre, dont le PIB ne dépasse pas 3 milliards d'euros pour 80 000 habitants, a beaucoup souffert de la crise espagnole et de la mise au pas de ses activités financières par l'UE. L'émission de ces pièces ne changera rien à cet état de fait.

objectif-languedoc-roussillon.fr

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