Grippe aviaire : l’arrêt de la production entraînera une perte de 300 M€
Constance de Cambiaire
Constance de Cambiaire
Le dépeuplement des élevages de palmipèdes de 18 départements du Sud-Ouest (tous les départements de Midi-Pyrénées et d'Aquitaine plus la Corrèze, la Haute-Vienne, et une partie de l'Aude, du Cantal et des Charentes) a débuté lundi. Le gouvernement met en place, dans cette zone, un plan sanitaire drastique pour éradiquer la grippe aviaire.
Concrètement, les élevages de canards et d'oies ne peuvent plus recevoir de nouveaux poussins. Cela entraînera une dépopulation progressive des élevages.
Des mesures destinées à permettre la désinfection de tous les élevages de canards et d'oies de la région. En début de semaine, Carole Delga, présidente de la Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, et Alain Rousset, président de la Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, ont rencontré le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll pour permettre la mise en œuvre rapide de la stratégie d'éradication de l'influenza aviaire.
Le prix à payer est élevé. Le Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras) estime ainsi que les pertes pour la filière seraient comprises entre 250 et 350 millions d'euros. Un montant confirmé par plusieurs représentants de la filière et par les services de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (LRMP). Le Conseil régional souligne toutefois qu'il ne s'agit que d'une première estimation.
"La durée du vide sanitaire sera fixée dans les prochains jours par le ministère de l'Agriculture. Par conséquent, l'impact financier pourrait augmenter si la durée de vide sanitaire était prolongée."
Dans le département du Lot, Vincent Labarthe, vice-président de la Région en charge de l'Agriculture, considère que le coût des mesures sanitaires atteindra 30 millions d'euros. "Dans ce département, 600 salariés sont concernés, c'est une crise profonde", souligne-t-il.
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Si les mesures retenues par le gouvernement sont sévères, Bernard Malabirade estime que le pire a été évité, car aucune mesure d'abattage préventive des animaux n'a été retenue.
Dans son département, il estime par exemple qu'entre "2 000 et 4 000 personnes se retrouveront au chômage technique pendant plusieurs semaines voir plusieurs mois".
Une fois les bâtiments désinfectés, les palmipèdes réintègreront progressivement les élevages du Sud-Ouest.
Reste à savoir dans quelles conditions.
"Nous ne savons pas encore si nous pourrons reprendre dès le deuxième semestre à pleine capacité, ni si les éleveurs devront réinvestir pour réaliser des aménagements sanitaires", s'inquiète Laurent Saint-Affre, secrétaire général de la FRSEA Midi-Pyrénées.
Pour éviter un effondrement de la filière, qui comprend les éleveurs, mais aussi les accouveurs, les entreprises agroalimentaires, les abattoirs et les entreprises de transformation, le gouvernement va devoir adopter des mesures chocs.
Un avis partagé par le vice-président de la Région LRMP.
Mardi 26 janvier, Stéphane Le Foll rencontrera les professionnels de la filière en compagnie de Carole Delga et Alain Rousset pour établir un plan de bataille. Dans un communiqué publié mardi 19 janvier, Carole Delga propose deux pistes de réflexion : le report des cotisations MSA et des remboursements d'emprunts. Mais les éleveurs demandent en priorité la mise en place de mesures de chômage partiel et "une vraie solidarité nationale", précise Bernard Malabirade.
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