2es Rencontres LRMP : un nom, deux capitales, des opportunités économiques
Cécile Chaigneau et Idelette Fritsch
Cécile Chaigneau et Idelette Fritsch
Les 2e Rencontres de la nouvelle région, qui se tenaient à Narbonne le 24 mai, s'interrogeaient sur le futur nom de baptême de la nouvelle grande région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.
Mais la question du nom ne sera qu'une étape dans la construction de la nouvelle entité régionale. Une identité sur laquelle pourront s'appuyer toutes les initiatives en matière d'économie pour favoriser la croissance du territoire.
Parmi les axes majeurs à développer, l'élue cite une politique éducative forte, un soutien aux entreprises, la question des transports, des liaisons aériennes et ferroviaires, et des infrastructures numériques, ou encore la création d'un parcours de formations d'excellence.
La fusion réalisée au 31 décembre 2015 est aujourd'hui confrontée aux difficultés de migration des lignes administratives. Et « les formes de résilience des processus économiques territoriaux resteront fortes », prédit le géographe Jean-Paul Laborie. Mais le mariage de Midi-Pyrénées et du Languedoc-Roussillon peut déjà tirer profit des spécificités des deux territoires.
Jean-Paul Laborie, géographe à l'Université Toulouse Jean-Jaurès.
Au chapitre des différences, ce bilan met en évidence d'un côté une forte polarisation de la capitale toulousaine autour d'une activité industrielle dominante (l'aéronautique) entraînant « une organisation pyramidale et un centre économique très concentré ». À l'opposé sur le littoral languedocien, on observe une économie présentielle des villes près de la mer.
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Ainsi, deux systèmes économiques se côtoient-ils, pour un bilan prospectif encourageant, si l'on sait tirer avantage des atouts communs aux deux anciennes entités administratives.
Parmi ces atouts, on observe un dynamisme démographique très fort, couplé à une accumulation de nouveaux arrivants (45 % en Languedoc-Roussillon).
Certaines filières «pépites» portent déjà la région à l'international et ont expérimenté le processus de la construction d'une image hors des frontières.
Gilbert Ganivenq (Promeo), Jacques Gravegeal (Pays d'Oc), Michel Defrancès (vin du Sud-Ouest), Éric Rumeau (Mapaéro).
Parmi les filières fortes, la viticulture a déjà décroché ses lettres de noblesse à l'international avec les vins du Languedoc d'un côté, ceux du Sud-Ouest de l'autre. Un processus qui peut inspirer la réflexion sur les démarches à conduire pour renforcer l'attractivité de la nouvelle région.
Jacques Gravegeal, président du Syndicat des producteurs de l'IGP Pays d'Oc, a vécu de l'intérieur la naissance de la marque ombrelle Sud de France, initialement dédiée aux produits viti-vinicoles.
Côté Midi-Pyrénées, Michel Defrancès, président de l'interprofession des vins du Sud-Ouest rappelle la genèse des Vins du Sud-Ouest : « Nous avons construit les choses sur le périmètre économique et non administratif de Midi-Pyrénées et de l'Aquitaine. Il faut aujourd'hui voir ce qui nous rassemble. Le nom doit nous différencier, porter des valeurs distinctes, être lisible dans le monde. Notre premier identifiant, c'est le terroir, le territoire, qui nous définit auprès du consommateur. Nous sommes complémentaires... C'est par l'addition de ces images que l'on pourra construire. »
Dans l'aéronautique, l'autre secteur clef de la grande région, il est permis d'espérer des retombées positives pour l'ex-Languedoc-Roussillon, par extension de l'effet de marque autour de Toulouse.
Outre ces filières déjà reconnues, le nouvel espace régional compte des secteurs forts à conforter : transition énergétique, transport, numérique.
Propos étayés par Gilles Capy, délégué régional EDF LRMP, qui met l'accent sur le mixte énergétique très diversifié de notre territoire : « Avec un parc hydraulique représentant 45 % de l'énergie régionale, des acteurs très importants qui favorisent le développement de l'éolien et du solaire, notre région est quasi autarcique, avec 92 % de ce qui est produit qui est consommé localement. L'économie de l'énergie est à 60 % résidentielle. Or les experts nous disent qu'on va concentrer le quart de la croissance démographique dans les années à venir. La région LRMP a une histoire à fabriquer et à réaliser en matière d'énergie, d'innovation, de transfert énergétique ».
Dans les secteurs numérique et énergétique, les acteurs économiques n'ont pas attendu la fusion administrative pour travailler ensemble.
Cette stratégie commune est aussi celle des clusters French South Digital à Montpellier et Digital Place à Toulouse.
Carole Delga, Présidente de Région.
Pour stimuler cette synergie, la présidente de Région annonce l'organisation de 18 ateliers un peu partout dans la région, « par bassin d'emploi ». Ce cycle démarrera les 6 et 7 juin à Toulouse et les 14 et 15 juin à Montpellier.
Retrouver le résumé en images de la journée sur ce lien.
Cécile Chaigneau et Idelette Fritsch
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