Coronavirus : la filière événementielle toulousaine au bord du précipice
Israa Lizati

illustration bloc nos événements
Rémi Benoit
Israa Lizati

illustration bloc nos événements
Rémi Benoit
"Les rassemblements de plus 1.000 personnes seront désormais interdits en France pour freiner la propagation du coronavirus", annonçait le ministre de la Santé, Olivier Véran à l'issue d'un Conseil de Défense à l'Elysée, dimanche 8 mars. Depuis, c'est le défilé des annulations et reports pour de nombreuses manifestations.
À Toulouse, des événements comme le salon de l'Immobilier, le Salon vins et terroirs, le salon Travail-avenir-formation ou encore le salon de l'érotisme, sont concernés. L'équipe du Zénith de la Ville rose a quant elle indiqué que tous les spectacles initialement programmés étaient annulés ou reportés jusqu'au 15 avril inclus. De quoi inquiéter les professionnels toulousains du secteur de l'événementiel qui craignent pour leur charge de travail en 2020, voire l'avenir de leurs structures. Inquiets, ils se sont réunis, dès le lundi 9 mars, et ont décidé de créer en urgence le groupement "informel" SOS Events 31. Ce dernier réunit près de 200 acteurs des filières événementielle et hôtelière de la Ville rose, comme des agences événementielles, traiteurs, des prestataires techniques, des hôteliers, etc.
Une inquiétude partagée par Steve Gallais, directeur et fondateur de l'agence Verywell. Celui-ci déplore un arrêt net de son activité depuis l'annonce du nouveau ministre de la Santé. La totalité des événements programmés par sa structure sur les trois prochains mois sont annulés ou reportés à une date inconnue.
Certaines agences toulousaines qui ne disposent pas de trésorerie seraient au bord de la faillite. Du côté des traiteurs, même constat. Les professionnels toulousains du secteur compte jusqu'à 80 % d'annulations sur le mois de mars 2020.
Les structures spécialisées dans l'événementiel (agences et traiteurs) les plus solides et anciennes, disposent de près de deux mois de trésorerie au maximum pour tenir face à cette difficile période.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Si pour l'heure, c'est le secteur de l'événementiel qui est en première ligne de cette crise sanitaire qui se transforme en crise économique, la filière de l'hôtellerie, liée de près, voit également ses activités chuter, les réservations baisser et les annulations de dernière minute augmenter. Et ce, que ce soit les grandes chaînes d'hôtels ou les petits hôtels indépendants.
Pour tenir le choc et surtout sortir de cette crise avec le moins de dégâts possibles, SOS Events 31 demande une responsabilisation ainsi que de la compréhension de la part des clients et donneurs d'ordres.
Pour rappel, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a appelé à "la solidarité de toutes les grandes entreprises (...) vis-à-vis de leurs entreprises sous-traitantes". Dans le cas où l'événement est annulé, Bruno Le Maire incite à ne pas réclamer les arrhes (versements avant l'achèvement d'une prestation de service) déjà versés, voire de les "verser en échange d'un engagement de reporter la prestation d'ici 6 mois ou 1 an", afin de ne pas "créer de trous de trésorerie".
Le groupement s'est également formé afin d'ouvrir un dialogue et demander de l'aide aux collectivités locales. Les membres du collectif ont par ailleurs rencontré, jeudi 12 mars, l'agence d'attractivité de Toulouse Métropole à qui ils ont demandé un gel de la taxe de séjour (pour les hôteliers) pour l'année 2020. Les agences et traiteurs eux, veulent une exonération de l'ensemble des charges fiscales de la part du gouvernement.
De plus, les professionnels toulousains de la filière demandent aux différents responsables de réfléchir à la création d'un état d'urgence "de catastrophe économique", à l'image d'un état de catastrophe naturelle. Ce dernier devrait permettre d'obtenir une prise en charge plus importante et rapide de la part des assurances et banques en cas de prêts.
À lire également
En attendant la mise en place d'un plan d'urgence et les aides de la part des différentes collectivités territoriales et de l'État, SOS Events 31 devrait publier dans les jours à venir, les chiffres relatifs à la situation des entreprises toulousaines du secteur.
Israa Lizati