Pourquoi il faut (aussi) sauver le tourisme industriel

Laurence Bottero
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C'est l'histoire de codes NAF et APE qui ne correspondent pas. Une histoire de nomenclature qui pour l'heure pénalise ces PME industrielles, au savoir-faire parfois ancestral, en tout cas, précieux, des PME qui bien que reconnues comme faisant partie du patrimoine national, se trouvent exclues des soutiens, notamment financiers du plan tourisme de l'Etat.
Elles s'appellent Fragonard, Molinard, Verrerie de Biot ou Confiserie Florian et dans les Alpes-Maritimes se sont elles qui sont montées au créneau pour dire l'ubuesque de la situation. Car ces entreprises sont confrontées à un trou dans la raquette aussi fâcheux qu'administratif : le plan tourisme n'intègre pas ces fleurons français, tout simplement parce que pas reconnues comme entreprises reliées au tourisme alors qu'elles contribuent, au contraire, à la fréquentation dans les villes et villages, à la transmission d'une expertise, à l'attractivité des territoires et donc, plus largement de la France.
Il y a bien le plan de soutien qui concerne depuis le 14 mai, les secteurs de l'hôtellerie, de la restauration, des cafés, du tourisme, de l'événementiel, du sport ou de la culture regroupés dans une liste appelée S1 et les secteurs connexes, situés en amont ou en aval de ces secteurs comme les commerces de gros (alimentaire, textile, de fournitures...), éditeurs de livres, transports de voyageurs par taxis et VTC, fabrication de bières... identifiés dans une liste S1bis. Mais il n'y a pas ces entreprises du savoir-faire industriel. Or, en France, si on comptabilise celles, par exemple, référencées par l'association Entreprises et Découvertes, association qui vise à promouvoir la filière visite d'entreprise, ce sont 2 000 entreprises en France qui appuient leur business modèle sur l'activité touristique.
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Plutôt que quémander et râler, les entreprises azuréennes concernées proposent de préciser des critères qui permettraient aux PME /PMI de ce segment précis d'être identifiées et donc d'être intégrées dans le plan de soutien. Ainsi, cinq critères ont été définis, dont faire partie du club France Savoir-Faire d'Excellence, être un établissement qui propose des visites guidées, authentiques, culturelles, humaines et de qualité, être ouvert au grand public 6 jours sur 7 toute l'année, être certifié Qualité Tourisme au cours des cinq dernières années et faire partie d'Atout France. Appel a été fait aussi auprès des parlementaires et le député LREM de Nice, Cédric Roussel s'est même fendu d'un courrier circonstancié au ministre concerné, Jean-Baptiste Lemoyne. Courrier co-signé par 22 autres députés de la majorité présidentielle. De son côté, le sénateur de Grasse Jean-Pierre Leleux déposera un amendement en ce sens. Parce que c'est bien de jeter toutes les forces dans la bataille. Car, clairement, le risque est bien la pérennité de ces petites et moyennes entreprises.
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