Enogia adapte ses turbines pour l'hydrogène
Rémi Baldy
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"Nous avons beaucoup de chance", reconnaît Arthur Leroux. Le président et cofondateur d'Enogia n'en revient pas. L'entreprise marseillaise arrive sur le marché de l'hydrogène au bon moment. Le cœur de métier de cette société née en 2009 s'articule autour de machines pour convertir de la chaleur en électricité via la technologie ORC (pour machine à cycle organique de Rankine).
En 2018, alors qu'elle travaille pour le géant automobile Faurecia sur la mise en place de ses turbines pour des voitures, le groupe français décide de s'orienter fortement vers les technologies liées à l'hydrogène. "Ils nous ont expliqué qu'ils investissaient lourdement là-dessus, pour être honnête c'est une énergie dans laquelle je ne croyais pas trop mais pour qu'une société comme celle-là mise autant dessus je me suis dit qu'il y avait quelque chose", raconte Arthur Leroux.
En parallèle de son activité principale, la PME marseillaise de 35 salariés se lance dans des recherches autour de l'hydrogène. Notamment autour du compresseur qui pousse l'oxygène dans la pile à combustible où sa rencontre avec l'hydrogène produit de l'électricité. "Il se trouve que cela tourne comme notre turbine mais à l'envers", explique Arthur Leroux.
Le prototype, testé à l'IFP énergies nouvelles, donne des "performances supérieures" aux autres compresseurs assure le dirigeant. "Nous proposons un produit plus léger et sur mesure", défend-il. Trois contrats pour une application dans les secteurs de la mobilité ont d'ores et déjà été signés avec des sociétés françaises.
"Nous débutons la collaboration, d'abord pour dizaine de pièces puis nous verrons, j'espère des milliers", avance Arthur Leroux. Les plans de relances mis en place dans plusieurs pays autour de l'hydrogène représentent une énorme opportunité pour Enogia. "Je n'aurai jamais imaginé des investissements aussi massifs", assure l'entrepreneur.
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L'ambition est donc de développer cette activité comme un deuxième pilier de l'entreprise. "Il faudra attendre au moins 2023 avant de vraiment générer du chiffre d'affaires", prévient Arthur Leroux. Le dirigeant compte s'appuyer sur une levée de fonds pour financer la recherche et développement sur ce sujet. Ce qui pourrait à moyen terme entraîner un besoin de locaux plus grands.
Rémi Baldy