Jeanick Brisswalter, un président dans les starting-blocks
Gaëlle Cloarec
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Pas de temps mort pour Jeanick Brisswalter. Depuis son élection en janvier dernier à la tête d'Université Côte d'Azur (UCA), le tout jeune sexagénaire court "un sprint permanent", sourit-il. Une sorte de retour aux sources pour cet ancien athlète, sprinter de haut niveau et spécialiste en physiologie environnementale dont le sujet de thèse portait sur l'interaction entre l'état physiologique et le fonctionnement cérébral, autrement dit "la capacité à traiter l'information la plus efficace possible quand le corps est dans un état de fatigue très avancé". Une des grandes problématiques des sportifs qu'il a longtemps accompagnés au sein de la mission recherche de la préparation olympique française, de la médecine aérospatiale avec laquelle il a aussi œuvré, et peut-être même, en cette année 2020 où décidément rien ne se passe comme prévu, des présidents d'universités.
Jurassien d'origine, Jeanick Brisswalter a rejoint le monde universitaire sur le tard. "On est venu me chercher", se souvient-il. Après une mise en jambe à l'Université de Poitiers, le professeur-sprinter intègre en 1999 celle de Toulon avant d'investir le terrain de l'UNSA (Université Nice Sophia Antipolis) une décennie plus tard afin de relancer et de diriger le Laboratoire de Motricité Humaine, Education, Sport, Santé (LAMHESS). "Je considère que toutes les formations doivent être pilotées par la recherche", avance-t-il. Plus qu'un mantra, une conviction. Laquelle le conduira au décanat de la faculté des Sciences du Sport en 2014 qu'il devra toutefois interrompre pour participer, en tant que vice-président en charge de la Recherche, au projet Idex lancé par la présidente d'alors, Frédérique Vidal, dont le succès contribuera à sa nomination rue Descartes, siège du ministère de la Recherche et de l'Enseignement supérieur.
"La saison 1 de l'Idex, obtenu en 2016, consistait à construire et structurer la nouvelle Université Côte d'Azur", qui a officiellement vu le jour le 1er janvier 2020. Une université dite expérimentale, réunissant 17 acteurs académiques azuréens*, qui cherche à décloisonner pour mieux articuler la recherche, l'innovation et la formation. "La saison 2, reprend-il, s'attachera à la faire vivre et rayonner à l'international". D'abord, au travers des huit Écoles Universitaires de Recherche (EUR) inspirées des Graduate Schools des grandes universités internationales qui structurent depuis la rentrée les formations de master et doctorales par grand secteur disciplinaire. En l'occurrence, "les grandes thématiques de nos laboratoires comme celle du numérique où sera proposé un prisme sur les approches sociales, juridiques et économiques, ou encore les sciences biologiques qui se pencheront sur les défis à relever, de la cellule à la gestion des datas", détaille-t-il. "L'idée étant de permettre à l'étudiant une formation à la carte, lui qui aura à gérer demain des questions complexes qui nécessitent des approches pluridisciplinaires".
Gaëlle Cloarec