Hynomed, l'alliance du privé et du public pour pousser l'usage de l'hydrogène
Rémi Baldy
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Sur le port de Toulon, on croit à l'hydrogène dur comme fer. "Ce n'est pas l'énergie de demain, c'est celle d''aujourd'hui", assure Hervé Moine, directeurs adjoints des ports de la rade varoise dont la Chambre de Commerce et d'industrie est gestionnaire. Pour accompagner et encourager l'usage de l'hydrogène, la CCI vient de créer avec Engie Solutions la SAS Hynomed. L'établissement public détient 24,5% du capital, autant que le Caisse des dépôts alors que le groupe industriel possède le reste (51%).
Cette société de projets doit permettre de réunir des financements pour ensuite les répartir plus facilement. Six millions d'euros ont été obtenus auprès de l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). "C'est un vecteur d'infrastructures pour déployer des stations", résume Hervé Moine. Concrètement, il s'agit pour l'instant d'agrandir celle du circuit Paul Ricard au Castellet et d'en construire une sur le port de Brégaillon pour 2022. Chacune doit produire leur propre énergie et la distribuer. Le fonctionnement est le même que pour une station essence, à la différence près que la "raffinerie" sera sur place.
Si l'hydrogène est mis sur le devant de la scène avec le plan de relance du gouvernement, l'initiative de ce projet a commencé dès 2016. Malgré l'emballement récent, cette énergie doit encore résoudre des défis structurels (autour du stockage notamment). Pour Engie, l'hydrogène reste la plus efficace des nouvelles énergies.
"Par rapport au gaz et au pétrole, c'est bien sûr plus compliqué mais face aux électrons c'est un super candidat", note Julien Chauvet, directeur H2 France d'Engie Solutions et président d'Hynomed. "L'hydrogène est un très bon candidat à la mobilité intensive", insiste-t-il. L'important était d'agir. "On peut ne pas prendre de risque, mais après il faut acheter l'énergie aux autres", glisse Julien Chauvet.
Dans ce pari, l'industriel entraîne avec lui des acteurs publics. "Porter ce projet seul aurait été dur et compliqué", reconnaît Julien Chauvet. Pour Hervé Moine, l'implication de fonds publics dans cette opération est nécessaire : "Cela permet de combler le coût de l'hydrogène qui est aujourd'hui encore un peu élevé, pour que les prix deviennent compétitifs il faut que la chaîne se mette en place".
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