A Nice, les fournisseurs du CHR (re)montent au créneau
Laurence Bottero
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L'ire ne s'est pas calmée avec la trêve des confiseurs. Pire, le discours ce 7 janvier du Premier Ministre Jean Castex et l'absence d'annonce d'un calendrier de reprise de l'activité en a remis une couche. Car telle sœur Anne, les TPE PME - tout comme leurs clients - ne voient toujours rien venir. Et ne rien voir venir signifie nouveau coup porté au chiffre d'affaires. D'autant que - et c'est là le nœud de la colère des fournisseurs de CHR - aucune aide de l'Etat ne leur est accordée. Et que les confinements successifs empêchent les investissements prévus par leurs clients avec un effet domino des plus désastreux.
Une situation qui fait plus qu'agacer les entreprises distributrices de boissons ou d'équipements pour les hôtels et restaurants, à l'instar de Serfigroup, PME basée à Nice, spécialiste d'équipements pour l'hôtellerie depuis 30 ans, leader dans l'hôtellerie indépendante avec 83 % des hôtels en portefeuille et 3 500 clients. Un groupe qui réalise 10 M€ de chiffre d'affaires et emploie 50 salariés, rentable, mais aujourd'hui mis en danger.
Un groupe qui dénonce la différence de traitement faite entre les entreprises du CHR et leurs fournisseurs. Car, comme l'explique Anne Saint-Léger, sa présidente, « nous sommes impactés à hauteur de 90 % de notre chiffre d'affaires. Nous demandons à être considérés de la même façon qu'un établissement CHR. C'est-à-dire obtenir la même indemnité qui vient compenser les pertes enregistrées ». Concrètement, ce que souhaite Anne Saint-Léger - et le consortium - c'est bénéficier du dispositif renforcé du fonds de solidarité qui accorde une indemnité égale à 20% du chiffre d'affaires mensuel jusqu'à 200 000 euros pour toute perte de CA atteignant 50 à 70%.
« Ce que nous demandons, c'est qu'une ligne soit rajoutée, spécifiant que les entreprises du secteur S1-10 (soit les fournisseurs CHR NDLR) soient traitées de la même façon que les restaurants et les hôteliers. Pour l'heure, un fournisseur, même s'il est dépendant à 90 % du CHR, n'a droit qu'à 10 000 euros maximum, même s'il réalise plusieurs millions ou dizaines de millions de chiffre d'affaires ».
Laurence Bottero