Le coup de gueule de la FPI Provence contre la charte de construction durable de la Ville de Marseille
Laurence Bottero
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Depuis l'arrivée effective aux affaires de la majorité municipale menée par Benoît Payan, en décembre dernier (on ne rappellera pas les détails des élections municipales, sinon c'est ici ) tout semblait aller plutôt bien entre les professionnels de l'acte de bâtir et la Ville de Marseille, en l'occurrence pour ce qui concerne le logement, avec l'adjointe à l'urbanisme, Mathilde Chaboche. Des ateliers réunissant les acteurs de l'acte de bâtir et la municipalité avaient été actés, preuve d'un côté comme de l'autre de l'envie de jouer en équipe - de co-construire, sans jeu de mots - et pas en adversaire, en unissant les visions et le cadre à donner. Bref, la construction durable était une volonté partagée. Jusque-là, tout va bien.
Sauf que le vote de la Charte de la construction durable en conseil municipal le 1er octobre dernier, s'est fait de façon unilatérale. Une charte en dix points - appelés enjeux et engagements - qui conditionne tout programme supérieur à 500 m2 de surface de plancher. Où il est question de respecter le contexte, de faire avec le déjà-là, de fabriquer une densité adaptée, de développer la mixité, favoriser la végétalisation et la biodiversité, mais aussi de concevoir un urbanisme et une architecture bio-climatiques méditerranéens... Rien qui n'aille en contradiction avec la vision de la FPI ni des autres acteurs de la construction, embarqués dans l'aventure des ateliers.
Sauf, le point n°9 qui demande de promouvoir une haute qualité du logement.
Évidemment le bât qui blesse n'est pas sur le principe d'une promotion d'une haute qualité ; Mais bien davantage sur les conditions sensées mener à cette haute qualité. Ainsi la charte explique que « l'accès à des logements de qualité pour l'ensemble des habitants de Marseille est une priorité pour la ville ». Et qu'au-delà de la surface minimum, il faut « penser les logements comme des espaces appropriables par chaque famille » et selon les heures de la journée mais aussi des usages. Et de préconiser des logements traversants ou bi-orientés, des caves et espaces de rangement pour chacun, développer des espaces « généreusement dimensionnés pour favoriser les usages multiples... » Et d'aménager des espaces avec des hauteurs confortables.
Laurence Bottero