Quelle stratégie pour Artplexe, le cinéma qui s’installe à Marseille ?
Maëva Gardet-Pizzo
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L'Artplexe se dresse enfin sur le haut de la plus célèbre des artères marseillaises. Pour y parvenir, il aura fallu trois années de laborieux chantiers jonchés d'une série d'obstacles. Parmi eux, l'entrelacement de compétences Ville/Métropole, jamais simple à Marseille. Ainsi, commandé par la Ville à l'ère Jean-Claude Gaudin, le cinéma est construit au-dessus d'un parking appartenant à la Métropole et géré par un prestataire. Parking qui se trouve par ailleurs en zone sismique et inondable. S'ajoute à cela qu'il faut détruire l'ancienne Mairie de secteur qui occupait l'espace, et qui contenait de l'amiante. Enfin, alors que le premier porteur du projet avait prévu une architecture tout en béton, on s'aperçoit que cela sera trop lourd pour le parking en dessous. « On a dû reprendre tous les plans », explique Philippe Dejust, porteur du projet depuis 2017. S'y ajoute l'épidémie de covid-19 qui ralentit les travaux. Résultat : deux ans de retard. Et « alors qu'on avait prévu un investissement de 10 à 11 millions d'euros, il en aura fallu 15 millions ». Ceci étant, le cinéma a finalement pu être inauguré le 21 octobre dernier. Un aboutissement pour Philippe Dejust.
En 2017, lorsqu'il signe pour Artplexe, il dirige Cap Cinéma, société d'exploitation de salles dont la marque de fabrique est au départ d'installer des multiplexes dans des villes moyennes. Sauf qu'au bout d'un certain temps, « nous sommes arrivés à bout de ce modèle car toutes les villes moyennes ont fini par être équipées. Nous avons donc décidé dès 2012 de développer des cinémas de quartier dans les grandes villes ». Marseille devient donc une cible. D'autant qu'avoir un cinéma dans la deuxième ville de France pour être un argument en mesure de convaincre un groupe étranger de racheter Cap cinéma. Finalement, Cap cinéma est bien racheté mais par un groupe français, CGR, que le projet d'Artplexe n'intéresse pas. Philippe Dejust rachète le projet à Cap cinéma, convaincu de son potentiel dans une ville où l'offre de cinéma est bien en deça de celle des autres grandes métropoles.
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