Formation, attractivité et collaboration avec les CCI, les chantiers du nouveau patron de l'artisanat dans le Sud
Rémi Baldy
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C'est sans aucun doute le fruit de son parcours. Yannick Mazette le rappelle spontanément : "J'ai présidé pendant dix ans la commission sur la formation de la chambre". Tout juste élu président de la chambre de métiers et de l'artisanat Provence-Alpes-Côte d'Azur pour cinq ans, ce boulanger du Vaucluse voit en toute logique la formation comme un élément clef du développement de l'artisanat sur le territoire régional. "Je veux que nous devenions la CCMAR de référence au niveau national". Une ambition posée.
Provence Alpes Côte d'Azur est depuis longtemps une terre propice à l'artisanat, mais malgré cet attrait pour le travail indépendant il n'est pas forcément suivi d'un développement économique de l'entreprise. Les sociétés comptent en effet en moyenne 2,7 actifs. "Pour grandir, ces structures ont besoin d'être accompagnées car elles n'ont pas de services RH ou financer, mais le développement peut aussi se faire par la formation tout au long de sa vie professionnelle", avance Yannick Mazette.
Une vision qui n'est pas si simple à mettre en place pour deux raisons. Du côté des entreprises régionales, la culture de la formation n'est pas très développée. "Nous devons nous rapprocher des chefs d'entreprises qui ne forment pas, pour discuter avec eux de ce point", plaide le nouveau président de la CMAR. La principale difficulté est notamment de convaincre certaines sociétés qui ne sont pas volontaires sur la formation mais recrutent les apprentis formés par d'autres entreprises, une fois leur parcours terminé.
Développer cette formation en interne est également un des leviers face à aux difficultés de la transmission des entreprises. Un sujet d'autant plus prégnant que la moyenne d'âge des dirigeants dans le Sud s'élève à 47 ans. Une stratégie qui vient en appui des annonces d'Emmanuel Macron sur le plan indépendant. "Il s'agit d'une défiscalisation lorsque l'entreprise à un prix d'achat estimé à maximum 500.000 euros et un crédit d'impôt à l'achat", rappelle Yannick Mazette qui dit attendre désormais que cela se concrétise dans la loi.
Rémi Baldy