Quelles politiques publiques pour défendre les signes de qualité dans le Sud ?
Maëva Gardet-Pizzo
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Sandrine Faucou est élue au sein des Chambres d'agriculture des Alpes de Haute Provence et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle est aussi productrice de petit épeautre, comme les quatre générations de sa famille qui l'on précédée.
Cette céréale, dont les traces remontent jusqu'à la Préhistoire, occupe une place privilégiée dans le patrimoine céréalier des Hautes-Alpes. Très consommée pendant la guerre, elle est ensuite mise de côté. Une façon symbolique de tourner la page après une triste période, d'autant que « c'est une culture avec d'assez faibles rendements, qui demande beaucoup de décorticage, de tri... », explique Sandrine Faucou. Oubliée, la culture est néanmoins maintenue de manière traditionnelle sur quelques exploitations.
C'est ainsi qu'un certain nombre de personnes - dont le père de Sandrine Faucou - s'engagent pour préserver ce patrimoine agricole, gage d'activité sur des terres peu propices aux autres cultures. « Ce sont des terres argileuses, avec peu de potentiel. L'enjeu était donc de maintenir, grâce au petit épeautre, une vie dans la ruralité, de pouvoir y rester ».
Quarante années de réflexion, de questionnements, et de démarches qui aboutiront, en 2009, à l'obtention d'une Indication géographique pour le grain, puis une autre en 2010, pour la farine.
Depuis, le produit semble revenir au goût de jour. On le trouve ainsi aisément sur les étals de boulangers soucieux de valoriser les variétés de blés anciens, mais aussi dans les magasins bio. Il fait l'objet d'une demande accrue, tant pour ses qualités gustatives que nutritives, avec l'avantage d'être assez pauvre en gluten.
A cette préservation de la vie économique dans la ruralité, s'ajoute à la liste des atouts des signes de qualité une attractivité et une visibilité accrues conférées aux territoires concernés.
En Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, ces signes de qualité et d'origine jouent, de l'avis de Bénédicte Martin, vice-présidente en charge de l'agriculture au sein de la Région, un rôle majeur. « Ils ont un impact énorme. Nos paysages, qui attirent des touristes du monde entier, sont façonnés par l'agriculture. Que ce soit les chênes truffiers, la lavande, les vignes, les vergers de cerisiers... Il y a également une forte demande auprès des caveaux, des producteurs en vente directe... ».
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