L’Aromatic Lab, ce tiers-lieu qui renforce la production de plantes à parfum à Grasse
Gaëlle Cloarec
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Photo d'illustration
Fleurs d'Exception
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Fleurs d'Exception
Il fut un temps, pas si lointain, où Grasse n'était plus vraiment Grasse. Urbanisation galopante, explosion des produits de synthèse, concurrence des productions lointaines, moins chères en main-d'œuvre... Autant de raisons qui, au cours du XXe siècle, ont accéléré le déclin de la production de fleurs à parfum, malgré un terroir exceptionnel et un savoir-faire cultivé depuis plus de 300 ans. Aux 5.000 tonnes produites annuellement dans les années 1940, ne restait plus qu'une centaine de tonnes, toutes fleurs confondues, au début des années 2000. La messe semblait dite... Mais c'était sans compter sur une poignée d'irréductibles producteurs bio. Jeunes, motivés, passionnés, néocultivateurs ou issus du sérail, ils font vivre depuis 2009 l'association Fleurs d'Exception du Pays de Grasse (FEPG) pour redonner vie à la filière. Avec, en ligne de mire, la création d'un Aromatic Lab, tiers-lieu à la fois centre de formation, de production et de recherche ayant pour but de relancer la production locale de plants, d'améliorer les techniques culturales qui se sont perdues avec le temps et de remettre en culture des plantes oubliées.
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Treize ans plus tard, le contrat est en passe d'être rempli. "Nous avons semé des graines pendant dix ans, et tout a fleuri d'un coup", raconte Armelle Janody, sa présidente. L'élément déclencheur ? La labellisation du projet par l'Unesco, intervenue en novembre 2018, comme mesure de sauvegarde des plantes à parfum. Quelques mois plus tard, en juin 2019, c'est sur le Contrat de transition écologique signé entre le Pays de Grasse et l'Etat qu'apparaît l'Aromatic Lab, avec les subsides qui vont bien. En décembre 2021, enfin, l'annonce de la labellisation du tiers-lieu par le programme Manufacture de Proximité, dans le cadre du dispositif France Relance, vient confirmer que "l'enjeu autour de ce lieu est désormais reconnu et partagé". Une enveloppe d'environ 250.000 euros qu'un audit, attendu à partir de la fin février, viendra préciser, permettra d'accélérer "la réalisation du dernier volet du projet, à savoir la transformation des fleurs en hydrolats (eaux florales) grâce à des outils de distillation et de séchage".
Gaëlle Cloarec