Rachat de La Provence : Saadé favori, Niel ne lâche pas… et maintenant ?
Laurence Bottero
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C'est la question que tous - salariés, acteurs économiques, acteurs politiques, monde de la presse - se posaient : qui proposait quoi ? Et combien ?
Depuis ce 15 février, on sait : avec 80 millions d'euros, l'offre de Rodolphe Saadé est supérieure à celle de Xavier Niel, laquelle s'élève à 20 millions d'euros. Un gap de 60 millions d'euros qui est significatif à plusieurs titres.
Pour ceux qui en doutaient, le PDG de CMA CGM marque clairement et nettement sa volonté de devenir propriétaire de La Provence, au point d'aller bien au-delà de ce que l'expertise a défini sur la valorisation du titre, de l'ordre de 35 à 40 millions d'euros. Soit le double. Pas moins.
Avec une offre à 20 millions d'euros, Xavier Niel a aussi envoyé un message : celui d'un patron de presse assez sûr de son fait et qui compte sans doute sur le droit de préemption que le pacte d'actionnaires lui accorde pour l'emporter. Sans oublier l'appel concernant le droit d'agrément suspendu par le tribunal de commerce de Marseille le 11 janvier dernier, appel qui sera jugé au fond le 28 mars prochain, à Aix-en-Provence.
Les offres - au moins pour leur montant - connues, tout n'est pas fini, loin de là.
Désormais elles vont être présentées, chacune, au conseil d'administration de La Provence et une communication sera faite aux salariés.
CMA CGM, dont l'arrivée à la tête du titre de presse n'est pas forcément perçue d'un bon œil de la part de certains acteurs économiques, ne voit les prochaines étapes que comme des formalités, son offre étant estimée dit-on dans l'entourage de l'armateur, comme la mieux disante économiquement et socialement parlant. Un point que l'on sait être très regardée pour l'emporter dans ce type de configuration.
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Xavier Niel, lui, n'a pas dit son dernier mot. On imagine mal l'actionnaire du Monde, également propriétaire de Nice-Matin et de Paris Turf notamment, qui possède un projet industriel de mutualisation et de déploiement qui lierait le quotidien basé à Nice avec le quotidien basé à Marseille prendre le sujet du rachat des parts de Bernard Tapie à la légère.
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