Guerre en Ukraine : la Région Sud en ordre de marche pour soutenir les entreprises
Rémi Baldy
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L'exceptionnel deviendrait presque la règle. Après le Covid-19, c'est la guerre en Ukraine qui s'impose sur la table des crises à gérer. "Un évènement géopolitique majeur" comme le rappelle Renaud Muselier en ouverture d'une commission permanente, exceptionnelle donc, de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Cette assemblée réunie en urgence a voté des rapports afin de "venir en aide au peuple ukrainien et soutenir les secteurs régionaux directement affectés par cette crise" pour un total de quatre millions d'euros. Cela concerne entre autres l'aide humanitaire, la gratuité des transports pour les réfugiés ou encore le soutien à la culture ukrainienne.
Une enveloppe dans laquelle 400.000 euros sont dédiés aux entreprises. "Nous travaillons sur cela avec Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, et les régions de France. (...) Nous allons prendre cette situation comme avec le Covid-19, c'est-à-dire secteur par secteur et essayer d'apporter des solutions adaptées", explique Renaud Muselier. Le rapport que vote la région prévoit notamment un numéro vert, pour orienter les entreprises et les citoyens, la mise en place d'une task force régionale dédiée ou encore le lancement d'une étude pour connaître l'impact économique exact dans la région de cette guerre.
Plusieurs facteurs entrent en compte dans le tableau des conséquences. Celui de l'approvisionnement de matières premières et celui des relations économiques qui se traduisent bien souvent par de l'import-export. "Toute la région est touchée, nous avons l'aéronautique dans les Bouches-du-Rhône, la cosmétique dans les Alpes-Maritimes ou encore l'horticulture dans le Var", avance François de Canson, vice-président en charge du développement économique.
Certaines entreprises donnent d'ores et déjà des premiers retours. "Le secteur de l'horticulture a perdu 15% de son activité car à cette époque de l'année se déroule une fête importante qui entraîne beaucoup de commandes", illustre Renaud Muselier. Autre exemple, le secteur de la cosmétique à Grasse s'inquiète car il s'appuie sur la Russie pour importer des matières premières. "Il faudra trouver des filières différentes", prévient François de Canson. "Le problème c'est la durée du conflit", ajoute-t-il.
Rémi Baldy