Comment Grasse entend revitaliser son offre commerciale
Gaëlle Cloarec
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Il est des indicateurs qui parlent. Celui de la vacance commerciale, par exemple, à la fois symptôme et facteur aggravant de la dégradation qui affecte de nombreux cœurs de ville. En France, entre 2012 et 2019, selon le palmarès des centres-villes commerçants de Procos (Fédération pour la promotion du commerce spécialisé), le taux moyen de locaux commerciaux vides en centre-ville est passé de 7,2% à 11,9%. Seul un tiers des centres-villes demeurait sous la barre symbolique des 10%. Depuis, le Covid est passé par là et l'on imagine aisément que le mouvement a pris de l'ampleur.
A Grasse, le taux de vacance, lui, frôle 25% dans le centre pour atteindre 60% sur certaines artères dont la commercialité s'en trouve profondément remise en question. Sur ce sujet, comme sur celui de la revitalisation commerciale en général des 10 hectares de cœur de ville grassois, Jérôme Viaud, son maire, en convient volontiers : "Si l'on veut changer les choses et permettre le renouveau, il faut faire un diagnostic froid'.
Tout d'abord, la Cité des parfums souffre d'une double concurrence qui entraîne une évasion des habitants du pays de Grasse (collectivité qui regroupe plusieurs villes et villages NDLR) quand ces derniers souhaitent faire des achats. Celle, tournée à l'international, de grandes agglomérations du littoral. Et celle, périphérique au cœur de ville, qui concentre les enseignes franchisées.
Car les locaux du centre sont majoritairement inadaptés pour le commerce de franchise ou le commerce dit contemporain. En effet, leur taille moyenne tourne autour de 60 m² contre 250 m², voire 800 m², demandés par les actifs ciblés. Ce qui explique la surreprésentation des boutiques touristiques, moins gourmandes en surface. A cela s'ajoute le difficile travail de remembrement à l'îlot des locaux d'activité qui se heurte à des problématiques techniques, opérationnelles et réglementaires, faisant ainsi gonfler les enveloppes.
Gaëlle Cloarec