Alpes-Maritimes recherchent zones d’activités économiques désespérément
Gaëlle Cloarec
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Il est des performances en trompe-l'oeil. Celle, par exemple, présentée par le baromètre 2021 du Club Immobilier Côte d'Azur concernant les locaux d'activités sur le territoire des Alpes-Maritimes. En 2021, le volume de transaction a atteint 65.278 m², un niveau record en progression de 55% par rapport à 2020, de 52% par rapport à 2019. Pour Cyril Monteau, directeur associé de Locopro, membre de l'association professionnelle, il faut y voir "l'effet Covid avec le développement considérable de la consommation sur Internet, et donc de son pendant logistique qui s'est emparé des derniers m² disponibles".
Car la performance avancée-là cache une pénurie, celle des locaux d'activités dont la surface aujourd'hui disponible fait figure d'inconnue. "Il y a bien quelques petits locaux de 400, 500 m² ici ou là, mais rien de significatif. L'offre est quasiment inexistante dans le département".
Ce constat n'est évidemment pas nouveau. Déjà, en 2015, une étude pilotée par la CCI Nice Côte d'Azur s'intéressant aux zones d'activités économiques (ZAE) pointait la problématique. Celles-ci représentaient alors moins de 1% du territoire azuréen. Plus précisément : 0,55 %. Soit 2.382 hectares de foncier sur une superficie totale de 429.900 hectares. Sept ans plus tard, rien n'a véritablement changé, ou si peu.
A Colomars, dans la plaine du Var, l'offre du Vallon de Roguez, parc d'activités artisanales et industrielles de 15.000 m² livré en octobre 2020 par Perial Développement, aujourd'hui propriété d'AEW, a très vite été rempli, laissant sans solutions les entreprises, notamment à vocation productive, qui souhaitent se développer, se relocaliser ou s'installer dans le département. Elles étaient selon le recensement de la chambre consulaire qui recueille les demandes d'implantations, 38 en 2021. Depuis janvier 2022, 12 demandes supplémentaires ont été enregistrées.
"C'est une de nos grandes faiblesses. Les demandes, endogènes pour la plupart, se heurtent régulièrement à ce manque de foncier dédié, ce qui impacte le développement économique de ces entreprises et du territoire", confirme Franck Scarlatti, directeur général de la chambre consulaire azuréenne. Laquelle s'est donc emparée du sujet en cherchant à créer ses propres opérations. Aux rôles de conseiller et de facilitateur, la CCI y ajoute désormais celui d'investisseur aménageur avec le projet de ZAE baptisé Argila.
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Gaëlle Cloarec