Rachat de La Provence : clap de fin ?
Laurence Bottero
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Le 9 mai sera-t-elle la date qui restera dans l'Histoire comme celle où le destin de La Provence se scelle avec celui de CMA CGM ? Peut-être que oui, mais peut-être que non. Et c'est même plutôt le non qui l'emporte, si l'on considère le contexte. Le 9 mai est la date retenue pour la tenue du conseil d'administration de La Provence. Un conseil d'administration hautement stratégique car l'ordre du jour est court mais important : accepter ou pas l'agrément de l'offre déposée par CMA CGM.
Or, ce qui pourrait passer pour une « simple » formalité, ne l'est pas. Si l'offre de l'armateur français est certes la seule à avoir été retenue par le liquidateur, rien n'est joué pour autant. Car le conseil est composé de 5 administrateurs. Outre Jean-Christophe Serfati, le PDG du titre, siègent également Virginie Layani, secrétaire générale du groupe, Stéphanie Tapie et deux représentant d'Avenir Développement - AD qui représente les 11% détenus par Xavier Niel -, Anthony Maarek et Anne-Sophie Jahan. Or si Jean-Christophe Sarfati et Virginie Layani sont plutôt pro-Saadé, Stéphanie Tapie s'est déjà prononcé en faveur de Xavier Niel. Ce qui, si l'on fait les comptes, fait donc trois pro-Niel contre deux pro-Saadé.
Toute l'interrogation réside dans cette question : l'offre de CMA CGM sera-t-elle agréée ?
Et la question demeure entière puisque, on le rappelle, la Cour d'Appel d'Aix-en-Provence a rendu le 7 avril dernier, son droit d'agrément à Xavier Niel, droit de véto suspendu par le tribunal de commerce de Marseille en janvier dernier.
Dans ce contexte, les trois administrateurs favorables au patron de Free, vont-ils agréer l'offre de CMA CGM ?
Rien n'est moins certain. Ce qui ne laisse pas la place à la sérénité côté CMA CGM, comme du côté de certains syndicats.
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Du côté des soutiens de l'armateur français, on tient à rappeler que certes, le droit d'agrément a été rendu à Xavier Niel mais que ce droit doit être utilisé en tenant compte de l'intérêt social de l'entreprise et hors conflit d'intérêt. Et pour ces soutiens, l'intérêt social de l'entreprise est parfaitement contenu dans l'offre qui a été retenue, au vu par ailleurs des garanties avancées, celle d'un investissement consenti de 50 millions d'euros, du maintien de l'emploi et du remplacement des départs qui s'inscriront - comme à chaque entrée de nouvel actionnaire dans un organe de presse - dans le cadre de la clause de cession.
Laurence Bottero