Comment Lafarge verdit son empreinte environnementale dans le Sud
Gaëlle Cloarec
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Aussi haut qu'un immeuble de 6 étages, d'un poids de plus de 300 tonnes et d'un budget d'environ 5 millions d'euros, le nouveau dispositif de filtration de la cimenterie Lafarge de La Malle, basée à Bouc-Bel-Air, dans les Bouches-du-Rhône, illustre la position volontariste du groupe cimentier en matière de transformation écologique. "Nous nous inscrivons dans la feuille de route de l'industrie cimentière française qui prévoit une baisse de 24% par rapport à 2015 de nos émissions de carbone en 2030, de 80% en 2050", explique Pascal Baudouin, directeur du site provençal.
Une vraie gageure pour ce secteur particulièrement émissif qui, selon la base Climate Watch du World Resources Institute, représente 3% des émissions de carbone dans le monde, contre 2,2% pour la chimie par exemple. En France, le ciment génère 23% des émissions du secteur industriel. C'est dire les investissements colossaux que la filière doit injecter dans cette révolution environnementale comme en témoigne la cimenterie de Martre-Tolosane, près de Toulouse, où Lafarge a engagé une enveloppe de 120 millions d'euros pour être en mesure de répondre à ces défis. En Provences Alpes Côte d'Azur aussi, les cordons de la bourse se délient. Mais pas sans arbitrage.
Si, ces deux dernières années, le cimentier a investi 10 millions d'euros pour améliorer l'empreinte environnementale de ses installations de La Malle, il a dans le même temps annoncé et opéré la fermeture de celles de Contes dans les Alpes-Maritimes. Après 115 ans de bons et loyaux services. Dans cette commune azuréenne de 7 .00 âmes, où la cimenterie faisait office de locomotive économique, le sujet demeure sur la table, du moins celui de la reconversion des 130 hectares du site dont la mise à l'arrêt de la production s'inscrit dans une logique qui se veut globale et pragmatique. "C'était une cimenterie ancienne, à la technologie ancienne, qui supposait des investissements massifs sur un marché extrêmement volatile", relève le directeur du site de La Malle. Qui en toute logique a récupéré le marché maralpin. "Désormais, depuis Bouc-Bel-Air, nous alimentons en ciment l'ensemble de la filière régionale du BTP, du sud d'Avignon jusqu'à Nice et la Corse".
Gaëlle Cloarec