Café : une économie aux premières loges du réchauffement climatique
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Pourrons-nous continuer à boire quotidiennement du café d'ici trente ans ? La question peut sembler absurde. Pourtant, en l'état, il est difficile de répondre par l'affirmative.
Alors que la demande mondiale ne cesse de croître - portée notamment par la hausse de la demande des ménages asiatiques - l'offre devrait connaître une chute radicale. En 2012, on estimait ainsi que la moitié des cultures auraient disparu en 2070. En 2017, cette échéance a été ramenée à 2050.
En cause : le réchauffement climatique, principale menace pesant sur la caféiculture. Car le caféier est un arbuste très sensible aux variations de températures, qu'il préfère entre 18 et 25°C. Un coup de chaud et voilà que les feuilles brûlent, que les pathogènes profilèrent et le détruisent.
Mais le réchauffement climatique, ce sont aussi des dérèglements en tous genres tout aussi néfastes pour cette culture : épisodes de gel plus vigoureux et plus fréquents, précipitations anarchiques peu en phase avec le développement des plants, asséchement des sols... et tout ce que cela implique en matière de conditions de travail pour les agriculteurs.
Si le réchauffement climatique peut encore, dans certains cas, relever de la projection, il est déjà une réalité palpable dans le monde du café. En témoigne le violent épisode de gel de 2021 qui a ravagé les cultures du Brésil, premier producteur exportateur au monde. Arbustes avachis. Feuilles brûlées ... 24 % de la production a ainsi été détruite. Soit une perte 10 millions de dollars de chiffre d'affaires sur la production de 2022, ce qui équivaut à un tiers des achats annuels des États-Unis.
Dans le monde, 135 millions de personnes vivraient de l'économie du café, dont 25 millions dans la production. La filière générerait entre 10 à 15 milliards de dollars par an. On imagine l'impact d'une réduction de moitié de la production sur cette économie.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Pourtant, très peu d'argent est investi afin de rendre les cultures plus résistantes.
Maëva Gardet-Pizzo