La jeunesse peut-elle être une solution pour répondre aux défis du nouveau monde ? C’est une des questions que posait l’événement The Village, organisé par La Tribune les 26 et 27 août dernier à Frontignan. Si incontestablement elle sera une partie de la réponse, la réalité n’est pas aussi évidente.La 6e édition de l'événement The Village, organisé par La Tribune (en partenariat avec la Région Occitanie et la Chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation - ETI - de l'IAE Paris Sorbonne), se tenait les 26 et 27 août dernier, à Frontignan. De nombreux échanges ont eu lieu autour de la question "Vers une dé-mondialisation heureuse ? Bonheur, bienveillance, humanité, le nouveau défi des territoires".
Les crises successives (sanitaire, géopolitique, énergétique) imposent à l'humanité de changer sa trajectoire, ses modèles économiques et sa façon de vivre et de consommer. Les transformations sont en cours, pas assez rapides pour certains, complexes pour beaucoup. Dans cette vaste équation à multiples inconnues, la jeunesse peut-elle être une solution pour répondre aux défis du nouveau monde ? C'est la question que posait une des tables ronde durant The Village.
« Une génération qui a confiance en l'entreprise »
La génération climat est-elle la solution ou bien les jeunes sont-ils, pour beaucoup, trop englués dans des difficultés, notamment financières, pour s'attaquer aux enjeux écologiques, climatiques, énergétiques ? A cette question de la fin du monde VS la fin du mois, Moussa Camara, l'emblématique président de l'association Les Déterminés (qui propose un accompagnement à l' entrepreneuriat complet et gratuit de six mois), répond oui...et non : « Oui, la jeunesse est une solution. Je vois une jeunesse motivée, qui a de la créativité et de l'envie mais qui est bloquée. Il est compliqué pour les jeunes de se projeter dans des enjeux importants car leur priorité est "comment je paie mon loyer et comment je remplis mon frigo ?"... ».
Un constat que confirme Emmanuelle Duez, fondatrice de The Boson Project (cabinet de conseil accompagne les entreprises dans leur mutation) et de l'association Youth Forever, et marraine de l'édition 2022 de The Village, à la fois pessimiste et optimiste.
«Oui, il existe une génération climat mais les jeunes ont été les vrais naufragés de la pandémie de Covid, souligne-t-elle.Une étude lancée pour comprendre ce qui se passe dans la tête de la génération Z (moins de 25 ans, NDLR) en Europe a révélé une génération fracassée, en détresse économique, scolaire et psychologique. Ce n'est pas une génération de victimes, mais sensible, résiliente. Mais c'est aussi une génération empêchée à court terme de déployer ses ailes pour pouvoir appréhender à long terme les sujets qui lui importent, notamment la transition environnementale. Pour être plus optimiste, je dirais que c'est une génération qui n'a pas confiance dans l'école, dans les médias, dans la politique mais ces jeunes ont confiance en eux et en l'entreprise ! Le premier pédiluve de la transformation, c'est donc peut-être l'entreprise pour donner du sens à son action. L'entreprise, petite ou grande, a une responsabilité immense à réparer cette génération sur les prochaines années. Et elle a besoin de la jeunesse pour mener les transitions sociales et environnementales. Ceux qui sont prêts, ce sont les jeunes de cette génération climat : il faut réparer, et pour ça, il faut préparer, donner les compétences et les connaissances, puis transformer. »