A Marseille, le groupe Saint-Gobain promeut "le béton en terre"
Rémi Baldy
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CHARLES PLATIAU
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"Vous allez me dire que le colombage existe depuis longtemps, mais ce que nous avons fait c'est d'industrialiser le process". Cette évolution qu'avance Michel Daniel, le directeur aménagement et ville durable de Saint-Gobain, pourrait bien changer la construction dans les prochaines années. C'est en tout cas le souhait du groupe qui propose des murs à ossatures en bois remplies avec du "béton de terre". De la terre d'excavation plus exactement, c'est-à-dire issu des chantiers. "En les recyclant cela nous permet d'avoir une forte action en économie circulaire", note Michel Daniel. Cette matière représente aujourd'hui un déchet pour la filière BTP, en Provence-Alpes-Côte d'Azur cela représente "2,2 millions de tonnes de cette terre qui ne trouve pas de réemploi" indique Michel Daniel.
En plein cœur d'Euroméditerranée, une des opérations de rénovation urbaine les plus grandes d'Europe qui s'étend sur 480 hectares conduit par un établissement public d'aménagement éponyme, Saint-Gobain démontre son savoir-faire sur ce béton de terre. "Euromed est préfigurateur de ce que l'on veut faire, c'est une relation entre un industriel, un établissement public d'aménagement et des entreprises locales", décrit Michel Daniel.
Surtout, la structure phocéenne est à l'origine du process de recherche et développement de Saint-Gobain sur ce sujet. "La première demande il y a près de quatre ans a été de mettre en place une filière de construction circulaire, donc nous avons très vite été sur les terres excavées", raconte le directeur aménagement et ville durable. Les nouvelles normes de construction réclament en effet une baisse des émissions de CO2 et des matériaux biosourcés. "Pour améliorer notre impact sur les émissions de dioxyde de carbone, nous devons faire des efforts dans la construction. Et travailler avec les promoteurs ne suffit plus", appuie Paul Colombani, le directeur général adjoint d'Euroméditerranée.
Rémi Baldy