Droit au compte, prévention, micro-crédit… comment la Banque de France accompagne l’inclusion financière
Laurence Bottero
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Banque de France
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La crise, période complexe, est un facteur de déséquilibre pour l'économie en général, les entreprises en particulier, et tout autant, pour les particuliers. Le contexte économique actuel, pour les raisons de difficultés globales, d'énergie, d'inflation, est de nature à mettre à mal les plans de développement, les investissements... mais il est tout autant de nature à mettre en difficultés les ménages, encore davantage ceux déjà fragiles. Avec, potentiellement, des risques de tenir ces derniers en dehors d'un circuit financier dit « classique ».
L'inclusion financière - autrement dit permettre à chacun d'avoir accès aux services financiers de base - est précisément l'une des missions de la Banque de France. Si on connaît davantage l'établissement central pour sa stratégie monétaire, pour ses services à l'économie, l'un des piliers qui le caractérise est aussi celui de la stabilité financière et l'inclusion financière en fait précisément partie. « C'est le moyen de permettre l'accompagnement des personnes fragilisées », indique le directeur régional de la Banque de France.
Et pour inclure, il y a des outils. Dont le droit au compte. Une « disposition légale », souligne Jean-Christophe Ehrhardt, où la Banque de France demande à un établissement de crédit de mettre à disposition les services bancaires dits « de base », c'est-à-dire gratuits pour l'usager, qui lui permettent de domicilier ses ressources - salaires, minima sociaux... - voire de disposer de chèques de banque... 30.000 ouvertures de ce type ont été enregistrées au niveau national au cours de 2022, Provence Alpes Côte d'Azur recensant pour sa part, 3.000 ouvertures, soit 10% du niveau hexagonal. Tout se passe via un formulaire, rempli par le particulier, démarche qui sera disponible rapidement par Internent.
Davantage connu, le micro-crédit est un levier d'inclusion financière que la Banque de France encourage fortement, car « bel outil d'inclusion multiple », souligne Jean-Christophe Ehrhardt, désireux de pousser encore davantage ce contributeur fort à l'économie, dont le taux de casse est faible, à hauteur de 2,5% quand un crédit non performant est de 3,6% et le PGE de 4,5%. Au point que la Banque de France décide de créer en 2023 un prix régional du micro-crédit - un prix du micro-crédit personnel et un prix du micro-crédit professionnel très exactement, remis au printemps prochain lors des Assises régionales du micro-crédit. L'objectif est de « mettre en lumière quelques histoires », afin d'inspirer, de montrer des exemples concrets de ce que permet l'inclusion financière. « Des établissements de crédit sont là pour financer les associations comme l'Adie, France Active... Mais nous avons encore du mal à mettre en relation le porteur de projet et l'association adéquate », souligne le directeur régional de la Banque de France qui estime que le micro-crédit mérite une notoriété plus appuyée. Dont acte.
Laurence Bottero