Jean-Marc Oluski, le président du Medef Hérault Montpellier, a ouvert le bal 2023 le 10 janvier devant la presse : actualités économiques, enjeux, points de vigilance, sujets d’inquiétude. Le dirigeant souligne deux dossiers sur lesquels il souhaite une avancée du syndicat : la transition écologique avec le projet d’agroforesterie MEDForêt, et l’initiative d’une démarche de co-recrutements afin de fidéliser (et fixer) les talents et les compétences sur le territoire héraultais.«Ce qui est surprenant, c'est que pour le moment, on n'observe pas un impact important du contexte sur le climat des affaires, commente Jean-Marc Oluski, président du Medef Hérault Montpellier et président du groupe RH Partners (consultants RH), le 10 janvier au soir, alors qu'il fait sa rentrée 2023 auprès de la presse.Par exemple, dans mon activité, le recrutement ne s'est pas arrêté alors que d'habitude, quand il y a une crise, les entreprises gèlent tout recrutement. Notre inquiétude aujourd'hui, c'est un éventuel mouvement social sur les retraites et un possible retour des gilets jaunes... »
Même s'il se félicite de la résilience du tissu économique local, comportant majoritairement des TPE-PME et beaucoup d'entreprises de services et commerces mais peu d'industrie, il souligne néanmoins qu'une explosion sociale serait compliquée pour l'activité des entreprises : « C'est l'économie qui va en pâtir à un moment... où ce n'est pas le moment ! ».
Le dirigeant du syndicat patronal, « peu convaincu que ce soit le bon momentum pour une réforme sur les retraites eu égard à la situation économique, au retour de l'inflation, à la guerre Ukraine ou à la crise énergétique », rappelle les positions nationales du Medef : « Notre seul totem, c'est l'équilibre du régime... Nous ne sommes pas d'accord sur l'idée d'établir dans les entreprises un index des séniors, comme il en existe un sur la parité femmes-hommes, pour déterminer comment on conserve des séniors en emploi. Et surtout, au lieu d'alléger, on complique ! ».
Injonctions paradoxales
Sur le volet de la crise énergétique, Jean-Marc Oluski loue la mise en place par le gouvernement des boucliers tarifaires « à peu près pour tout le monde ». Mais ne se dit pas rassuré pour autant...
« Il y a beaucoup d'entreprises dont la rentabilité va être entamée, et c'est sûr qu'il va y avoir de la casse,redoute-t-il.Ce qu'on mesure aujourd'hui, y compris dans l'Hérault, c'est qu'on est dans des injonctions paradoxales : les prix de l'énergie ne vont pas baisser, donc il faut s'adapter, et il faut dans le même temps réussir la réindustrialisation. Or ce qu'on commence à entendre chez les chefs d'entreprises, c'est une interrogation sur l'engagement dans un projet d'industrialisation ou une implantation aux Etats-Unis. C'est un vrai sujet de réflexion... D'autant que le plan Biden anti-inflation est très protectionniste et pour en bénéficier, le seul moyen pour les entreprises européennes est d'aller s'installer là-bas !... Ce qu'il faut faire sur nos territoires, c'est aider les entreprises à faire cette transformation écologique. Aujourd'hui, poser des panneaux photovoltaïques sur un toit est toujours très long, trop long ! »
100 ha pour planter des arbres
Pour accompagner ses adhérents sur cette question de la transition écologique, souvent difficile pour les petites entreprises, le président du Medef Hérault Montpellier confirme le projet d'agroforesterie, l'un des principaux de son mandat, baptisé MEDForêt.
«Nous avons trouvé un terrain de 100 ha sur une commune voisine de la métropole, à l'ouest,indique Jean-Marc Oluski sans en dévoiler plus.Les discussions sont en cours avec le propriétaire... Nous allons probablement monter un fonds de dotation pour permettre à tous nos adhérents, grands et petits, de s'engager dans la voie de la transition écologique. Ce fonds devrait pouvoir lever 1 million d'euros... La crise du recrutement touche notamment les boîtes les moins attractives et parmi les sujets plébiscités, il y a la transition écologique. Nous espérons qu'à la fin du premier semestre 2023, nous serons sur les premiers engagements.»