Fos-sur-mer, de bassin industriel polluant à vitrine de l’industrie décarbonée ? 2/2
Laurence Bottero
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Faire de Fos-sur-mer un démonstrateur totalement tournée vers l'industrie verte, alors que la ville vient d'être lauréate, via PICCTO de l'appel à projet ZIBaC, c'est précisément le vœu - très fortement exprimé - de son maire. René Raimondi - qui a endossé l'écharpe de premier magistrat durant 14 ans avant de démissionner en 2020 et d'être réélu voici 4 mois après le décès de Jean Hetsch le maire alors en exercice - enfourche vigoureusement le cheval de la décarbonation. Confirme que « une dizaine de projets » exogènes lui sont soumis, que les entreprises de la zone ont-elles-mêmes des velléités en ce sens, citant par exemple le projet MetamorFos d'Elengy qui prévoit de transformer la part biodégradable des déchets ménagers issus du périmètre de la métropole Aix-Marseille en biométhane, lequel servira notamment au transport maritime et à CMA CGM particulièrement. Ou rappelant celui de Geosel Manosque qui avec HyVence prévoit de produire de l'hydrogène renouvelable à partir du parc photovoltaïque de l'Engrenier, à Fos.
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Il y a aussi Jupiter 1000, le démonstrateur power-to-gaz de GRTGaz qui a réussi le recyclage des fumées émises par Asco Industries en e-méthane l'an dernier. Sans oublier le parc éolien flottant et ses éoliennes construites par Eiffage. René Raimondi qui fait part de son agacement quand le projet ZIBaC de Dunkerque est doté de 13 millions d'euros par l'Ademe alors que celui de Fos-sur-mer n'obtient que 4 millions d'euros. Mais ce qui agace très fortement René Raimondi c'est le frein législatif. Celui qui, précisément dénonce-t-il, empêche certains projets de s'installer. Et d'en remettre une couche sur celui qui prévoyait l'installation du chinois Quechen, acteur du pneu vert, lequel avait choisi après une longue bataille avec d'autres destinations européennes, Fos-sur-mer pour y installer son usine européenne. Las, Quechen a annoncé récemment la suspension de son projet d'installation. Et pour René Raimondi, la lenteur administrative française n'a certainement pas aidé. « Il nous faut des lois d'exception. Il est indispensable de faire évoluer les textes et de faire en sorte que les projets qui se présentent ne soient pas stoppés. Il faut que les ayatollahs du risque industriel deviennent raisonnables ». Et le maire de la cité provençale de rappeler ce que la crise a enseigné. « Nous avons bien vu que l'indépendance industrielle est indispensable ».
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