« L'immobilier a énormément de gisements d'impact potentiels » (Jérôme Dentz, Club de l'immobilier Marseille Provence)
Maëva Gardet-Pizzo
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« La situation est très complexe », s'inquiète Jérôme Dentz, président du Club de l'immobilier Marseille Provence qui réunit depuis 1997 les professionnels de la filière immobilière tels les architectes, promoteurs, banquiers, investisseurs, assureurs, avocats. « Il y a un certain nombre de facteurs qui empêchent la production immobilière, touchant aussi bien les promoteurs, les investisseurs, les entreprises de construction que la chaîne de conception avec les maîtres d'ouvrage et les architectes. Nous avons une problématique de demande causée par la hausse des taux d'intérêt depuis 2022 ». Hausse qui, dit-il, « éloigne le public, les acquéreurs de l'immobilier ». S'ajoutent à cela « d'autres facteurs liés à la guerre en Ukraine, notamment la hausse de 20 à 25 % des coûts de construction qui ont considérablement compliqué la construction et le respect du bilan des opérations ». Ou encore une chute du nombre de permis de construire accordés depuis l'épidémie de covid-19, à la fois pour des raisons réglementaires, avec des enjeux de non artificialisation des sols et une tendance des collectivités à vouloir produire moins de bâtiments.
Une situation préoccupante sur le plan social. « Cela impacte les locataires qui ne peuvent pas devenir propriétaire, le résident du logement social qui voudrait aller vers du logement privé... ». Plongeant un nombre accru de personnes dans la précarité.
En tant que président du Club de l'immobilier Marseille Provence, Jérôme Dentz ressent « beaucoup d'inquiétudes des acteurs sur la capacité à trouver des solutions rapides pour que les taux diminuent et que les clients puissent redevenir propriétaires ».
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Dans le même temps, la filière doit faire sa transition écologique. « Elle porte une grosse part de responsabilité à la fois dans la production de gaz à effet de serre et dans la consommation d'énergie. La filière de l'immobilier a énormément de gisements d'impact potentiel ». C'est pour cette raison que le Club s'intéresse depuis une dizaine d'année à ces sujets, lançant notamment ses annuelles Assises de la transition écologique. « Au départ, notre sujet était plutôt de réfléchir à la manière de mettre en avant des projets territoriaux, des démonstrateurs, des industriels qui s'engagent pour la transition énergétique ». Puis ce prisme s'élargit, incluant aussi un intérêt pour la construction durable ou le respect de la biodiversité. Avec pour enjeu de sensibiliser et informer les acteurs de la filière. Tout en mettant en avant des solutions déjà existantes dont il s'agit de généraliser la mise en œuvre.
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