La ligne haute-tension de Fos, entre opposition et enjeux stratégiques
Rémi Baldy
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Dire qu'il y a de l'électricité dans l'air est sans aucun doute l'expression la plus adaptée. Le projet de création d'une ligne aérienne haute tension qui doit traverser en grande partie les Bouches-du-Rhône fait l'objet depuis plusieurs semaines d'une forte contestation. Dernier exemple en date, ce dimanche avec une manifestation de 500 personnes à Arles. Ce rassemblement s'est déroulé pour le dernier jour officiel de la concertation publique débutée le 12 février et qui a donc pris fin ce 7 avril.
S'il est assez habituel de voir des habitants exprimer leur désaccord face à un grand projet qui les impacte - le phénomène est d'ailleurs appelé « Nimby » acronyme de not in my backyard, littéralement pas dans mon jardin - dans le cas de cette de ligne électrique l'opposition réunit aussi les différents élus. Le maire d'Arles (Horizons), Patrick de Carolis, était d'ailleurs présent à la manifestation. « Nous ne sommes pas contre le projet, nous sommes simplement défavorables au trajet qui nous est proposé », a-t-il expliqué à l'AFP.
Ce projet, porté par le gestionnaire d'infrastructure RTE, consiste à relier Jonquières-Saint-Vincent dans le Gard, à Fos-sur-Mer et sa zone industrialo-portuaire (zip) par une ligne électrique de haute tension dite 400.000 volts. Le but est d'augmenter la puissance disponible, dite « installée » c'est-à-dire ce qui est nécessaire sur une même période, sur le territoire. De quoi rendre la construction de cette ligne véritablement stratégique pour pouvoir assurer la hausse des besoins électriques, estimée à 35% d'ici 2050 en France par RTE, notamment tirée par les ambitions de réindustrialisation et de décarbonation. Pour la seule ZIP, il manquerait pour les années à venir autour de cinq gigawatts, c'est autant que la consommation en basse saison de toute la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Rémi Baldy