IA : de Sophia-Antipolis à Marseille, la stratégie du Sud pour passer de n°3 français à n°1 européen
Laurence Bottero
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... éfis.
Contrairement à 2019, la labellisation du 3IA porté par l'Université Côte d'Azur en pôle d'excellence, suite à l'AMI IA Cluster et annoncé ce 20 mai, n'a pas étonné, même si elle a, évidemment, réjouit. Il faut dire qu'en 5 ans, le regard sur Provence Alpes Côte d'Aur a quelque peu évolué. D'abord parce que l'intelligence artificielle est désormais une technologie transversale, présente dans l'industrie, la santé, la mobilité, l'éducation... et que pour innover, elle constitue une brique majeure. Ensuite, parce que depuis 2019 donc et l'obtention de l'un des quatre instituts français dédiés à l'IA le regard s'est fait plus bienveillant, plus attentionné et plus attentif sur le territoire. Il est loin le temps où on observait avec surprise et étonnement Sophia-Antipolis obtenir un institut 3IA. Il faut dire qu'alors, les expertises et les talents étaient discrets et peu, voire pas, structurés. Désormais, Sophia-Antipolis et avec elle la région, figurent bel et bien sur l'échiquier français.
Une place de numéro 3 qui s'appuie donc évidemment sur la technopole n°1 européenne, Sophia-Antipolis, mais aussi sur un écosystème constitué à la fois de nombreux centres de R&D - c'est même souvent l'une des premières raisons de l'attractivité exogène -, d'institutions tels l'INRIA, le CNRS, l'INSERM, le CEA Tech... avec 23.000 chercheurs et enseignants chercheurs issus des laboratoires publics et privés, des structures d'accompagnement. Et puis des locomotives - on rappelle la récente annonce lors de Choose France d'Accenture et de l'investissement dans un centre IA générative au cœur de Sophia-Antipolis - dont font aussi partie Microsoft, Amadeus, CMA CGM (actionnaire de La Tribune, NDLR), Airbus Helicopters, Naval Group... et une myriade de startups, implantées dans les différents bassins.
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Les entreprises, ce sont d'ailleurs bien elles qui constituent la substantifique moelle. Déjà en 2016, Frédérique Vidal, qui deviendra ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, alors présidente de l'Université Côte d'Azur, prend-t-elle son bâton de pèlerin pour aller évangéliser les PME et ETI. Qui s'engagent par écrit à être parties prenantes. Ce sera l'un des points marquants dans le dossier d'obtention de l'IDEX, cette Initiative d'Excellence, précurseur d'un lien resserré entre la sphère académique et le monde économique.
Laurence Bottero