«Il faut repenser le système du logement de fond en comble » (Géraldine Dumas, Erilia)
Propos recueillis par Gaëlle Cloarec
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LA TRIBUNE : Quel bilan tirez-vous de l'activité d'Erilia et d'Erilia Côte d'Azur en 2023 ?
GÉRALDINE DUMAS : 2023 a été une année particulière et particulièrement difficile pour l'ensemble des acteurs de l'immobilier. Concernant Erilia, 1.660 nouveaux logements ont été livrés au national là où l'ESH en réalise habituellement autour de 1.821. Dans le Sud, nous sommes sur 1.011 logements en livraison, soit les deux-tiers de notre production annuelle, dont 421 sur la Côte d'Azur. C'est moins que notre objectif mais, au final, nous avons réussi à maintenir un quota de production parce que nous avons su nous adapter et nous diversifier en produisant du logement intermédiaire, en s'associant avec des promoteurs sur des montages différents, intégrant du portage foncier notamment, ou encore en développant l'accession à la propriété avec notre organisme foncier solidaire (OFS).
Comment s'annonce 2024 ?
GD : Pas beaucoup mieux, mais nous avons appris de 2023 et gagné en souplesse du fait de notre capacité à prendre des décisions aux niveaux régional et local. En 2024, nous prévoyons la livraison de 1.462 logements dont 571 sur la Côte d'Azur.
Quels leviers allez-vous actionner ?
GD : Tout ceux qui sont à notre portée. Il faut savoir qu'une grande majorité de notre production - 70% - est liée aux promoteurs, via le rachat en Vefa. C'est un process intéressant, surtout là où le foncier est cher comme sur la Côte d'Azur, mais qui connaît ses limites en temps de crise, quand les promoteurs se retirent de certains programmes. Cela a forcément un impact que nous cherchons à limiter avec notre marque Erilia Aménagement. Celle-ci nous permet de nous positionner sur d'importantes opérations, notamment en Nouvelle-Aquitaine ou à Marseille, sur les îlots à requalifier. Dans les Alpes-Maritimes, Erilia opère ainsi des programmes en partenariat avec des collectivités telles qu'Antibes, Cannes, Nice et Cagnes-sur-Mer, pour des résidences étudiantes, jeunes actifs et séniors, ou encore Menton pour du logement en accession pour actifs. L'autre levier que nous actionnons est celui de l'acquisition-amélioration. Cela consiste à acheter des bâtiments que nous réhabilitons, à l'image d'un immeuble, rue de Belgique à Nice de 61 studios, acquis fin 2023 grâce à une décote importante accordée par la ville. Sans cela, le modèle financier du social ne serait pas tenable.
Propos recueillis par Gaëlle Cloarec