Pourquoi l’emploi intérimaire chute partout en France… sauf dans le Sud
Maëva Gardet-Pizzo
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On dit parfois de l'emploi intérimaire qu'il mesure le pouls de l'économie dans son ensemble, donnant à voir la façon dont les entreprises se projettent à moyen terme. Pas étonnant donc, que dans une période (juin 2024) de flou politique, le taux d'intérim ait subi une baisse de 4,1 % au niveau national, soit 34.000 équivalents temps plein de moins qu'en juin de l'année précédente.
Parmi les secteurs les plus impactés : l'industrie (-7,7%) qui souffre de la mauvaise passe que subit le secteur automobile. D'où une chute de l'intérim plus marquée dans les départements du Nord de la France où l'industrie est davantage présente.
Dans la moitié sud du pays, les baisses sont moins marquées. Mais une seule région est épargnée : Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Un résultat pas forcément facile à expliquer du côté de Prism'emploi. Effet Jeux olympiques ? « Peut-être », pense Fabrice Greffet, président régional. Mais en Île de France où se sont déroulées la plupart des épreuves olympiques, l'interim a décru de 1,9 % sur la même période.
L'afflux touristique pourrait aussi fournir une explication, combinée à la composition du tissu économique. Provence-Alpes-Côte d'Azur compte moins d'industrie que dans les départements du Nord, mais beaucoup de services, ces derniers ayant tiré l'emploi intérimaire avec une hausse de 11,5 % en région.
Prism'emploi relève par ailleurs une augmentation de 10,2 % de ce type d'emploi dans les transports et de 4,4 % dans le commerce.
Dans l'industrie régionale en revanche, on constate une légère baisse (-0,2%). « Il existe de beaux projets autour de l'étang de Berre mais on ne sait pas encore s'ils vont être abondés ou pas. Les permis de construire ne sont plus accordés car les collectivités sont dans l'expectative. Or quand les entreprises sont dans le flou, elles se séparent en premier lieu de leurs salariés en intérim, au profit des salariés déjà en place ».
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