« Le raisonnement économique a laissé la place au raisonnement politique » (Nicolas Bouzou)

Laurence Bottero
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Photo d'illustration
Jacques Witt-Sipa.

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Évidemment, les hausses fiscales annoncées et les coups de rabot sur des dispositifs - tels l'apprentissage ou l'alternance - ayant fait leurs preuves n'est « pas une bonne nouvelle », reconnaît Nicolas Bouzou. Avec comme effet d'engendrer une bonne dose d'incertitude, ce sentiment peu agréable où on sent que tout peut basculer, d'un côté comme de l'autre.
Si on en n'est pas (encore ?) à la sinistrose qui a secoué l'économie française en 1980, le dirigeant du cabinet Astérès regrette précisément que seules les mauvaises nouvelles trustent le débat. Alors que, rappelle-t-il « deux millions d'emplois ont été créés en dix ans » et que « cela est passé sous silence dans le débat public, lequel préfère se concentrer sur ce qui ne va pas. Aujourd'hui, on fait comme si on ne pouvait pas s'en sortir, alors qu'il faut rester lucide face aux problématiques afin de trouver ses solutions ».
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Pour Nicolas Bouzou, l'espace intellectuel pour cela existe. Sauf que, « les deux extrêmes - gauche et droite - sont forts et parlent fort, leur intérêt politique étant le déclenchement d'une élection présidentielle anticipée ». Or, dit l'économiste, il existe un espace politique à prendre, convaincu que nombreux sont les Français attachés à la notion d'entreprenariat. Sauf que pour « défendre l'entreprise, l'innovation, il faut être courageux ». Preuve en est, fait-il remarquer, du petit nombre de parlementaires engagés sur ces sujets.
Laurence Bottero