Face aux élus du Sud, Catherine Vautrin détaille sa méthode
Maëva Gardet-Pizzo
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Photo d'illustration
Pierre-Emmanuel Trigo
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Sentiment d'impuissance face à des attentes de plus en plus fortes et des moyens de plus en plus faibles... Impression de subir des décisions arbitraires venues de l'État ... Le moral des maires n'est plus au beau fixe depuis plusieurs années; le sujet a déjà fait l'objet de quelques livres (Maires au bord de la crise de nerfs, de Martial Foucault par exemple) et articles de recherche.
L'annonce de 5 milliards d'économies au niveau des collectivités locales rajoute dès lors une couche d'inquiétude, palpable en ce matin de Convention des maires de la région Provence-Alpes-Côte, à Aix-en-Provence.
Si la Convention avait surtout vocation à aborder les Jeux Olympiques et paralympiques qui se tiendront en 2030 dans les Alpes françaises, le sujet du budget est évidemment sur toutes les lèvres. Celles des maires bien sûr, à bas mot, alors que 70 % des investissements publics en France sont portés par les collectivités locales. Et celles de Renaud Muselier, dès son discours d'introduction. « Colère, incompréhension... Je ne comprends pas bien comment, en quatre mois, on est passés de 4 à 6 % de déficit ». Et de tacler la verticalité des décisions prises. « Des gens qui ont fait vingt ans d'études, à Paris, nous expliquent qu'on ne sait pas compter ! ». En Provence-Alpes-Côte d'Azur, ce sont 120 millions d'euros d'économies qu'il faudra réaliser. Ce, alors que de nombreux investissements sont nécessaires, pour les Jeux de 2030 mais aussi pour la réindustrialisation ou encore l'adaptation au réchauffement climatique. Un sujet cher à Arnaud Murgia, maire de Briançon. « Si on arrête d'investir, on s'enfonce dans la crise. L'ensemble des administrés attend évidemment une gestion précautionneuse de l'argent public. Mais l'investissement est un sujet d'espérance et de cap ».
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Un sujet que ne peut évidemment pas esquiver la ministre du Partenariat avec les Territoires et de la Décentralisation, invitée à cette Convention des maires régionaux. Après quelques propos sur les Jeux Olympiques et paralympiques de 2030, Catherine Vautrin revient sur la situation budgétaire du pays et ses 328 milliards d'euros de dettes afin de justifier les efforts demandés aux collectivités. Reconnaissant que « les élus sont de bons gestionnaires », parfois pas assez pris en considération dans les décisions nationales. Et de prendre l'exemple de la hausse du point d'indice des fonctionnaires qui peut chambouler les équilibres budgétaires locaux.
Maëva Gardet-Pizzo