Doté d’un écosystème structuré de grands donneurs d’ordre industriels– de Naval Group à Thales Alenia Space - et de sous-traitants spécialisés, le Sud participe grandement à la stratégie de défense française. Et l’appel à l’économie de guerre du président de la République d’accélérer carnets de commande et projets.« Nous avons des dépendances et des retards sur les Américains dans les domaines du cyber, des drones, munitions et satellites. Avoir une industrie européenne forte et autonome est la garantie de nos libertés et de notre souveraineté : nous devons être capables de réduire notre dépendance » a rappelé, à Marseille la semaine dernière, Benjamin Haddad, ministre chargé de l'Europe.
Un objectif d'indépendance qui passe inexorablement par une montée en puissance de l'industrie française de la défense. Dans le Sud, le territoire est maillé à la fois par une présence militaire forte et un tissu industriel étendu sur tous les domaines, structuré autour de grands industriels et d'un écosystème de sous-traitance qui comporte plus de 230 PME et ETI spécialisées.
Un maillage territorial stratégique
Une industrie qui représente un chiffre d'affaires annuel de six milliards d'euros et 10% de la base industrielle et technologique de défense française. « Les armées ont déployé un pilier stratégique dans le territoire entre Toulon, plus grand port militaire d'Europe, les bases aériennes de Istres, Salon-de-Provence et Orange, les deux hôpitaux militaires, les entrepôts logistiques, le plus grand camp d'entraînement d'Europe », analyse le général de corps d'armée Thierry Laval.
Si l'actualité est bouleversée par les turbulences géopolitiques, les industriels ne sont pas pris au dépourvu. « Si le président de la République n'avait pas acté l'entrée en économie de guerre il y a deux ans, nous serions aujourd'hui en retard », assure Emmanuel Chiva, délégué général pour l'armement. Les objectifs sont donc clairs : produire plus et produire plus vite.